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Bulletin Quotidien Europe N° 11496
INSTITUTIONNEL / (ae) royaume-uni

Le PE salue l'accord des Vingt-huit, mais reste prudent

Bruxelles, 22/02/2016 (Agence Europe) - Les principaux groupes politiques du Parlement européen ont accueilli favorablement l'accord trouvé, vendredi 19 février, sur les contours d'une appartenance renouvelée du Royaume-Uni à l'Union européenne, contours qui seront soumis à référendum jeudi 23 juin (EUROPE 11495). Mais ils se sont montrés prudents, signalant qu'il convenait d'analyser les détails de cet accord.

« Là où il y a de la lumière, il y a aussi de l'ombre », a commenté le chef de file du groupe PPE, l'Allemand Manfred Weber. « Nous soutenons l'accord mais nous allons regarder les détails avant de faire une évaluation finale. Dans tous les cas, nous contribuerons à l'adoption rapide par le Parlement européen des aspects législatifs de l'accord », a-t-il assuré. Et d'ajouter: « Le Royaume-Uni appartient à l'UE et devrait rester à bord. En concluant cet accord, notre cible était une Europe meilleure. Les États membres ont prouvé qu'ils peuvent agir ensemble et trouver des solutions ».

Le PE agira en tant que co-législateur pour la mise en place de la clause de sauvegarde qui permettra à Londres de limiter le versement des prestations sociales aux travailleurs migrants arrivant au Royaume-Uni. Le 16 février, le Premier ministre britannique, David Cameron, était allé à la rencontre des principales forces politiques du PE pour s'assurer justement de leur appui à ce texte législatif que la Commission proposerait en cas de victoire du camp prônant un maintien du Royaume-Uni dans l'UE (EUROPE 11491).

Le président du groupe S&D, l'Italien Gianni Pittella, est d'avis que le défi réel ne fait que commencer. « Nous devrions faire notre possible pour persuader les citoyens britanniques qu'il n'existe aucune raison concrète ni rationnelle à quitter l'UE. Il est évident qu'en termes d'emplois, de sécurité et de droits, le Royaume-Uni et les Britanniques sont mieux lotis au sein de l'UE », a-t-il considéré. Il a fait part de sa satisfaction à ce que le Royaume-Uni ne dispose pas d'un droit de veto lui permettant d'empêcher toute union plus étroite et toute intégration économique ultérieure.

Pour le Parti socialiste européen (PSE), l'accord entre le Royaume-Uni et l'UE offre des bases solides pour « poursuivre nos politiques communes », dans un communiqué. Néanmoins, « après avoir examiné le projet final, le PSE s'inquiète que le principe de libre circulation ait été contesté et qu'en outre, l'égalité des citoyens européens devant la loi ait été touchée », a estimé le parti, jugeant « perturbante » cette volonté du Royaume-Uni de rogner sur les droits des travailleurs migrants européens installés sur son territoire. Au nom du PSE, Sergei Stanishev a souligné que la « non-discrimination (était) non seulement une valeur fondamentale de l'UE mais une pré-condition pour la démocratie ».

Le groupe ADLE a également salué l'accord, estimant qu'il confortait la certitude que « le Royaume-Uni n'est plus lié à une Union toujours plus étroite ou à davantage d'intégration politique, tout en permettant à ceux qui veulent s'intégrer davantage de le faire ». « Le Royaume-Uni aura un statut spécial, c'est historique », a-t-il lancé.

Changement de traité ? De l'avis de plusieurs leaders européens, l'accord intergouvernemental du Conseil européen ne nécessite pas de changement des Traités actuels mais, paradoxalement, la substance de cet accord avec Londres pourrait être intégrée aux futurs Traités.

Le libéral belge Guy Verhofstadt a d'emblée jugé que le PE devait maintenant « étroitement considérer la nécessité d'un changement de Traité, afin que ces réformes et les autres puissent être formalisées ». L'UE « a besoin d'un changement de Traité pour approfondir l'UE et lui donner les instruments pour faire face aux multiples crises », a-t-il indiqué. Le groupe ADLE militera pour le 'oui' au référendum.

« Maintenant que nous connaissons la date du référendum britannique, il va falloir affronter le vrai débat de fond dont les termes ne peuvent se réduire à ceux du 'deal' avec David Cameron. Nous devons clarifier la nature de l'UE et la consistance de la relation entre le Royaume-Uni et le reste de l'Europe », a de son côté jugé le Belge Philippe Lamberts. « Il est important de déterminer les avantages, aussi bien pour les Britanniques que pour l'ensemble des Européens, d'une Union européenne avec un Royaume-Uni convaincu de vouloir y rester. L'Union a vocation à être bien plus qu'un simple marché unique et il est nécessaire d'offrir aux Britanniques une vision d'ensemble montrant qu'une Union forte est le meilleur moyen de relever les défis environnementaux, sociaux et économiques », a dit le co-président du groupe Verts/ALE.

Le Britannique Syed Kamall, leader du groupe CRE dans lequel siège le parti conservateur de M. Cameron, est d'avis que les réformes négociées par son pays « bénéficieront » à toute l'UE telles que la possibilité pour un certain nombre de parlements nationaux de s'opposer à une proposition législative européenne, l'engagement à agir pour des marchés plus ouverts et moins de bureaucratie. « Le débat peut désormais être lancé au Royaume-Uni et les Britanniques seront en mesure de décider s'ils s'estiment mieux lotis en restant dans l'UE sur la base d'une relation renouvelée ou en quittant l'UE », a déclaré M. Kamall. La question britannique n'étant plus du ressort des leaders politiques européens pour les prochains mois, il a exhorté l'UE à affronter les « crises multiples » liées aux migrations, à l'euro, aux conflits dans les pays du voisinage « avec le même sentiment d'urgence ». Son compatriote Ashley Fox a assuré qu'il ferait campagne pour le maintien du pays dans l'UE, l'accord servant, selon lui, les intérêts du Royaume-Uni.

Via son compte Twitter, le commissaire aux Services financiers, Jonathan Hill, a prévenu ses compatriotes: sortir de l'UE signifie ne plus participer à l'élaboration de la législation européenne et « conduirait à des règles qui ne reflèteraient pas les intérêts britanniques », alors que les entreprises britanniques ont besoin de l'accès au marché intérieur.

La Commission européenne a assuré, lundi 22 février, qu'elle ne s'impliquerait pas dans la campagne électorale britannique, cette règle de neutralité s'appliquant à tous ses membres. (SolennPaulic)

 

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