Bruxelles, 19/02/2016 (Agence Europe) - Si l'on prend en compte le carbone noir émis par les moteurs diesel et l'amélioration constante des performances des moteurs à essence, les voitures diesel contribuent davantage au changement climatique que les voitures à essence, selon une étude qui a été présentée mercredi 17 février, dans les locaux du Parlement, à l'initiative de l'ONG Green Budget Europe et de l'eurodéputée Deirdre Clune (PPE, irlandaise).
Cette étude, réalisée par Dr Eckard Helmers, professeur de chimie et d'analyse environnementale à l'Université de Trier pour les sciences appliquées, montre qu'en Europe la part des voitures diesel a augmenté de 15% au début des années 1990 et de plus de 50% au cours des dernières années (53% des voitures neuves vendues en Europe occidentale en 2014, contre 1-5% au Japon et aux États-Unis), grâce à une fiscalité avantageuse et à des normes antipollution moins strictes que celles applicables aux voitures à essence.
Deux facteurs qui ne se justifient pas, selon l'étude. En effet, exprimées en équivalent CO2, les émissions des voitures diesel d'avant 2005 (dont très peu étaient équipées de filtre à particules) étaient de 25% à 50% plus élevées au kilomètre que les estimations officielles à l'époque où ces voitures ont été vendues. Et tandis que la quasi-totalité des voitures diesel post-2005 étaient équipées de dispositifs pour réduire les particules, les tests effectués en France indiquent que, pour 75% des voitures, ces dispositifs ne fonctionnaient pas correctement.
Or, la fiscalité avantageuse dont bénéficie le diesel dans l'UE se fondait sur la croyance erronée que le diesel serait bénéfique pour le climat. C'est d'ailleurs pour la même raison que le carbone noir n'est pas pris en compte dans les accords internationaux de lutte contre les changements climatiques.
De l'avis de Green Budget Europe, cette étude plaide pour une réforme de la fiscalité du diesel. L'ONG estime que l'Allemagne devrait emboîter le pas à la France dans l'augmentation de la taxation du diesel pour combler le déséquilibre diesel et essence observé dans tous les États membres, sauf au Royaume-Uni.
L'étude montre aussi qu'en empruntant une autre voie technologique et en privilégiant les véhicules hybrides, plutôt que le diesel, depuis le début des années 1990, le Japon a largement damé le pion à l'UE en matière de production de véhicules à faibles émissions de CO2 (108g CO2/km en 2013 avec 1,8% de voitures diesel et 22% de voitures hybrides à essence, contre 128g CO2/km pour l'UE, avec 53% de voitures diesel et 1,4% de voitures hybrides à essence). (Aminata Niang)