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Bulletin Quotidien Europe N° 11494
INSTITUTIONNEL / (ae) budget

Jean Arthuis pour une approche différenciée en faveur des régions les plus défavorisées

Haarlem, 19/02/2016 (Agence Europe) - Lors d'un échange de vues sur l'avenir du budget de l'Union dans le cadre du bureau politique de la Conférence des régions périphériques maritimes (CRPM), vendredi 19 février, l'eurodéputé français Jean Arthuis (ADLE) a fait part de son scepticisme quant à l'usage fait des fonds structurels et d'investissement (ESI) dans certaines régions « riches ».

Selon l'eurodéputé français et président de la commission des budgets du Parlement européen, il serait plus efficace de concentrer les fonds de cohésion sur les régions les plus défavorisées. M. Arthuis a ainsi rappelé que 80% du budget européen retournait aux États membres par le biais de la politique de cohésion et la politique agricole commune. Or, lorsque des ajustements budgétaires sont faits - a-t-il ajouté, devant les représentants des régions -, ils le sont au détriment des budgets alloués au niveau supranational (Horizon 2020, etc.) et non de ceux alloués aux fonds ESI, donc au détriment de l'Union européenne et du bon fonctionnement institutionnel.

Ainsi, il a pointé du doigt, d'une part, l'attitude de certaines régions, qui auraient tendance à se considérer constamment lésées par rapport à d'autres et, d'autre part, l'attitude des États membres qui auraient tendance à substituer les subventions nationales par les fonds européens, ce qui, au final, limiterait leur impact dans l'économie réelle. Pour cette raison, l'eurodéputé souhaiterait un renforcement de la présence des parlements nationaux dans le contrôle budgétaire, car ils sont plus proches du terrain, plutôt que de parlementaires « coincés dans la bulle bruxelloise ».

Ces propos ont semblé avoir piqué quelque peu le président de la CRPM, Vasco Cordeiro, qui, tout en accueillant favorablement la proposition de renforcer le rôle des parlements nationaux, a rappelé que la politique de cohésion ne se réduisait pas seulement à la question financière régionale, mais contribuait avant tout aux objectifs inscrits dans les traités européens. Pierre Karleskind, vice-président du conseil régional de Bretagne, a souligné que sa région n'était pas éligible à certains financements européens, comme le RTE-T, n'étant pas intégrée aux neuf corridors, soulignant par là même les lacunes que connaît la cohésion territoriale aussi parmi les États membres les plus riches.

Le responsable régional a expliqué à EUROPE que l'autre problème est celui de la rigidité liée à la catégorisation des régions. La Bretagne est actuellement classée parmi les régions les plus développées (dont le PIB par habitant est supérieur à 90% de la moyenne de l'UE), alors que, dans les faits, elle a basculé parmi les régions en transition (dont le PIB par habitant est inférieur à 75% de la moyenne de l'UE) du fait de la progression des régions des États membres de l'Europe centrale et orientale. Cette classification fait donc perdre à sa région quelque 200 millions d'euros en provenance des fonds européens, a-t-il estimé.

Selon Eleni Marianou, secrétaire générale de la CRPM, la vision de Jean Arthuis est dans la droite ligne de celle de Wolfgang Schäuble, qui a insisté par le passé sur le fait que les fonds européens devaient présenter une réelle « plus-value européenne » et non pas se substituer à des fonds nationaux. Si l'on poursuit cette logique jusqu'au bout, le risque est que la politique de cohésion ne concerne plus, à terme, que les régions les moins développées, selon Mme Marianou. (Pascal Hansens)