Bruxelles, 19/02/2016 (Agence Europe) - Au deuxième jour du sommet européen, les dirigeants européens n'avaient toujours pas marqué un accord, vendredi 19 février en fin d'après midi, sur les conditions d'une relation renouvelée entre le Royaume-Uni et l'Union européenne (EUROPE 11492 et 11493).
Après une série de rencontres bilatérales entre le Premier ministre britannique, David Cameron, et certains de ses homologues comme l'Allemande Angela Merkel, l'Italien Matteo Renzi, la Polonaise Beata Szydlo ou le Tchèque Bohuslav Sobotka, les leaders devaient se retrouver pour dîner, vendredi à partir de 20h00, première session à Vingt-huit destinée à trouver cet accord.
« Le sentiment général est qu'on n'est pas si loin de ça », a commenté une source diplomatique en fin de journée. Si des progrès ont été enregistrés au cours de la journée, les discussions devaient notamment continuer sur les questions de la gouvernance de la zone euro et du principe d'Union toujours plus étroite ainsi que sur l'accès des Européens aux prestations sociales britanniques liées à l'exercice d'un emploi.
Sur la gouvernance économique, il restait des « choses à préciser » afin de garantir l'absence d'une distorsion de concurrence entre les places financières continentales et britannique qui proviendrait d'exigences règlementaires différentes. Il reste toujours, par ailleurs, un travail de formulation à accomplir sur le principe de l'Union toujours plus étroite, un point particulièrement cher au Premier ministre belge, Charles Michel. La Belgique insiste aussi pour que tout accord tombe en cas de référendum britannique penchant pour une sortie du Royaume-Uni de l'UE.
Quant au volet de l'accès aux prestations sociales, les discussions continuaient sur la durée de la clause de sauvegarde. Aux yeux de M. Cameron, cette clause devrait autoriser le Royaume-Uni à limiter ces prestations sur une durée de 7 ans, qui pourrait être étendue à 13 ans. Mais cette durée est jugée trop longue par les pays dits de 'Visegrad' (Pologne, République tchèque, Hongrie et Slovaquie). Le débat sur l'exportation des allocations familiales vers le pays d'origine n'est pas non « plus abouti », a indiqué cette source.
Les événements pourraient s'accélérer si les Vingt-huit constatent un accord au dîner. Sinon, la configuration du sommet deviendrait alors « plus difficile », selon cette source.
Schengen. Vendredi, les discussions se sont également poursuivies sur le volet migratoire et notamment les questions liées à l'espace Schengen de libre-circulation. La Grèce aurait surpris son monde en établissant un lien entre la question britannique et la crise migratoire, menaçant de bloquer tout accord sur le Royaume-Uni si les États membres ne s'abstiennent pas de décisions unilatérales visant à endiguer les flux migratoires d'ici au sommet de mars et si Athènes était de facto exclue de l'espace Schengen. Des informations que deux sources n'ont pas confirmées, dont l'une issue de la diplomatie britannique affirmant que cette menace n'avait pas été brandie à Bruxelles. (Solenn Paulic)