Bruxelles, 29/01/2016 (Agence Europe) - Le gouvernement italien attend encore des réponses des institutions européennes à ses questions sur les modalités et les finalités du financement du plan d'action UE/Turquie destiné à endiguer le flux de migrants vers l'Union européenne, avant de donner son aval.
« Nous n'avons aucun problème, ni avec la Turquie ni avec l'Allemagne, sur le financement des 3 milliards à la Turquie. Depuis le début, l'Italie est ouverte », a déclaré le Premier ministre italien, Matteo Renzi, vendredi 29 janvier depuis Berlin, à l'issue d'une rencontre bilatérale avec la chancelière allemande, Angela Merkel. Il a néanmoins fait valoir que son pays attendait que les institutions européennes lui donnent, dès que possible, « des réponses aux requêtes formulées » sur la façon dont cette contribution au plan d'action UE/Turquie sera employée. L'Italie est le seul pays à exprimer des réticences quant à la manière de réunir les trois milliards d'euros destinés à financer ce plan d'action (EUROPE 11469).
Mme Merkel a estimé que le plan d'action UE/Turquie devait être appliqué de manière à favoriser une baisse « durable » du nombre de migrants tentant de se rendre dans l'Union européenne (EUROPE 11441). Elle a relevé que les autorités turques avaient amélioré les possibilités de travailler pour les réfugiés syriens se trouvant sur son territoire.
Admettant que l'Europe traversait un « moment délicat » de son histoire, M. Renzi a indiqué que l'Italie et l'Allemagne étaient toutes deux mobilisées en vue de trouver des solutions européennes aux défis tant migratoires qu'économiques. « Si l'Europe perd Schengen, l'Europe se perd. Or, l'Europe est née pour abattre des murs, pas pour en ériger », a-t-il souligné. Et de plaider pour des règles européennes et des efforts conjoints en matière de protection des frontières extérieures de l'UE, d'octroi du droit d'asile et de lutte contre les réseaux criminels de passeurs.
Les deux responsables politiques ont, par ailleurs, convenu de coopérer en vue de trouver une issue politique aux crises syrienne et libyenne. (Mathieu Bion)