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Bulletin Quotidien Europe N° 11479
INSTITUTIONNEL / (ae) royaume-uni

Après la rencontre entre MM. Juncker et Cameron, les discussions continueront tout le week-end

Bruxelles, 29/01/2016 (Agence Europe) - Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a accueilli le Premier ministre britannique, David Cameron, vendredi 29 janvier à Bruxelles, pour une rencontre qualifiée de « difficile mais constructive », par une source européenne. La rencontre, qui a duré environ deux heures, était notamment destinée à déminer l'un des sujets les plus controversés en ce qui concerne la renégociation de la relation entre Londres et l'UE, à savoir la question de la libre circulation et des prestations sociales auxquelles les migrants européens peuvent prétendre.

À l'issue de cette réunion, M. Cameron a estimé que les propositions sur la table « n'étaient pas suffisantes, mais nous faisons des progrès », ont rapporté des médias britanniques sur Twitter. « Les travaux continueront tout le week-end », a ajouté la source européenne, ces négociations devant culminer dimanche soir, 31 janvier, lors de la rencontre à Londres entre M. Cameron et Donald Tusk, président du Conseil européen, chargé de mettre en mots les termes de l'accord qui sera proposé au début de la semaine prochaine au Premier ministre britannique.

Selon plusieurs médias, notamment Reuters, M. Juncker devait proposer à M. Cameron le recours au mécanisme du 'frein d'urgence' pour les mesures de sécurité sociale pour les travailleurs migrants communautaires. Si les porte-paroles officiels de la Commission ont refusé, vendredi à la mi-journée, de confirmer que cette piste serait bel et bien mise sur la table, ils ont expliqué que le rôle de l'institution était celui « d'un facilitateur » et que l'objectif était de parvenir à une solution satisfaisante pour toutes les parties.

Cette clause de 'frein d'urgence', déjà évoquée informellement lors du dernier Sommet européen des 17 et 18 décembre, mais dont la Commission a refusé vendredi d'expliquer les contours, pourrait permettre à un État membre sous pression, qui verrait l'équilibre de son système de sécurité sociale ainsi que son financement mis en péril, de freiner l'arrivée de nouveaux migrants sur son sol, ont expliqué plusieurs médias, notamment Reuters. Cela pourrait permettre au Royaume-Uni, selon ces médias, de freiner ce mouvement jusqu'à 4 ans.

Le Traité de Lisbonne évoque spécifiquement la possibilité d'un « mécanisme de frein » en matière de politique pénale ainsi que dans le domaine de la coordination des régimes de sécurité sociale, où un État membre peut saisir le Conseil européen d'un projet de loi susceptible de nuire à son équilibre fondamental. Selon les médias britanniques, la clause d'urgence proposée devrait être adoptée à la majorité des États membres et ne reposerait pas sur une décision de la Commission.

Avant d'arriver à Bruxelles, le Premier ministre britannique avait déjà estimé que les réponses de Bruxelles à ses demandes de réformes de l'UE étaient « encourageantes, mais pas encore suffisantes », dans un entretien vendredi avec BBC radio. « C'est encourageant de voir que des idées intéressantes nous parviennent, mais nous n'y sommes pas encore. Ce n'est pas encore assez fort », a déclaré M. Cameron qui a également rencontré vendredi après-midi le président du Parlement européen, Martin Schulz.

Cette possibilité de « clause d'urgence » a en tout cas été critiquée par le ministre polonais des Affaires étrangères, Witold Waszczykowski, qui a affirmé que son pays n'accepterait pas « des solutions qui se traduiraient en une discrimination contre nos concitoyens » se trouvant dans les autres États membres. (Solenn Paulic)

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