Bruxelles, 12/01/2016 (Agence Europe) - Des représentants kurdes ont appelé, mardi 12 janvier, l'Union européenne à s'impliquer dans le processus de paix entre la Turquie et les Kurdes.
« Il est important que la Turquie retourne à la table des négociations et que l'UE prenne un nouveau rôle à la table des négociations, car les problèmes de la Turquie affectent l'UE », a affirmé le représentant en Europe du Parti démocratique des peuples (HDP), Eyyup Doru, lors d'une conférence de presse au Parlement européen. Le député HDP et ancien maire de Diyarbakir, Osman Baydemir, a aussi jugé qu'il était important qu'il y ait un troisième intervenant, un intermédiaire, dans les négociations de paix en Turquie. Selon lui, si le processus engagé en 2012, qui a depuis été suspendu, avait été accompagné par une tierce partie, la situation actuelle n'aurait alors pas été la même.
L'UE a, à plusieurs reprises, appelé à la reprise du processus de paix, sans pour autant mentionné qu'elle était disposée à avoir un quelconque rôle dans les discussions.
Les représentants kurdes sont intervenus aussi au PE pour dénoncer le « massacre des Kurdes » par l'armée turque et le couvre-feu mis en place dans le pays contre 1,5 million de personnes. Pour M. Baydemir, il s'agit d'« un véritable blocus » à l'encontre des Kurdes. Le gouvernement turc lutte contre le Parti des travailleurs kurdes (PKK), un parti qui est reconnu comme organisation terroriste par l'UE. Les autorités turques ont mené, en décembre dernier, des opérations contre le PKK dans les localités de Silopi, Cizre et dans le district historique de Diyarbakir. Des civils ont aussi été victimes des combats.
M. Baydemir a affirmé qu'il était important que l'UE appelle à la fin des « massacres », alors que, selon lui, son pays est au bord de la guerre civile. « Nous ne pouvons pas rester spectateurs », a-t-il ajouté. Il a appelé l'UE à réagir, jugeant les actions des autorités turques en inadéquation avec les valeurs européennes. Il a souligné aussi que des armes utilisées sur place étaient d'origine européenne. Il a aussi souhaité que les crimes ne restent pas impunis, que ce soit au niveau national ou international. (Camille-Cerise Gessant)