Bruxelles, 12/01/2016 (Agence Europe) - La politique agricole commune réformée, qui était censée, au minimum, stopper la perte de biodiversité, a totalement échoué à tenir sa promesse, selon une étude publiée mardi 12 janvier à Berlin. En cause: l'agriculture de plus en plus industrielle, combinée à l'utilisation croissante de pesticides et à la surproduction croissante.
C'est donc à ces dérives qu'il faut s'attaquer plutôt que de réviser les directives 'Habitats' et Oiseaux dont l'efficacité est prouvée, estime l'eurodéputé Martin Haüsling (Verts/ALE, allemand) qui a commandé au journaliste Stephan Börnecke l'étude intitulée 'La perte inquiétante de biodiversité. Une agriculture agro-industrielle décime notre diversité biologique'. Cet eurodéputé, porte-parole pour la politique agricole du groupe des Verts/ALE au Parlement, est membre à la fois de la commission de l'environnement et de la commission de l'agriculture du PE.
« La Commission européenne ferait bien, à l'occasion de son bilan de santé des directives 'Habitats' et 'Oiseaux', de renforcer la mise en oeuvre du programme existant de protection de la nature plutôt que d'affaiblir ces directives. Car ce ne sont pas les directives qui sont responsables des objectifs non atteints. Efficaces, elles ont des résultats tangibles quand elles sont correctement mises en oeuvre », a déclaré l'eurodéputé lors de la présentation de l'étude à Berlin.
Mais, selon lui, ça ne suffit pas. « Pour inverser la tendance à la perte de diversité d'ici à 2020, il faut qu'aussi bien la Commission européenne que les États membres accordent davantage la priorité à la protection de la nature. Ce qui suppose à l'évidence que l'on fasse le bilan de la contribution de l'agriculture à la perte et aux gains en biodiversité », a-t-il ajouté.
Pas d'aides directes sans bénéfices environnementaux. L'agriculture biologique remplit déjà nombre de ces objectifs, ce qui n'est pas le cas de l'agriculture conventionnelle souligne l'eurodéputé. Ce qui signifie que « si le système actuel (qui ne lie pas vraiment les paiements directs aux bénéfices environnementaux) n'atteint pas l'objectif de créer plus de biodiversité, ce système doit être fondamentalement remis en question. L'argent public ne doit pouvoir être dépensé que dans l'intérêt général ».
La stratégie de l'UE en faveur de la biodiversité à l'horizon 2020, adoptée en 2011, prévoit en son article 3 que les instruments de la PAC doivent contribuer à ce que, à l'horizon 2020, le maximum de surfaces cultivables soit inclus dans les mesures liées à la biodiversité. (Aminata Niang)