Bruxelles, 12/01/2016 (Agence Europe) - L'UE et l'Inde vont tenter, mi-janvier, de relancer le processus des négociations de libre-échange, mis en pause depuis le printemps 2013.
Une délégation de l'UE menée par son négociateur en chef, Ignacio Garcia Bercero, et la directrice pour l'Asie et l'Amérique latine au sein de la DG Commerce de la Commission, Helena König, va se rendre à New Delhi, lundi 18 janvier, pour une réunion avec l'administration indienne visant à sonder le terrain pour reprendre les négociations. « L'objectif est de faire le point sur les questions en suspens pour discuter de la marge de manoeuvre des deux parties sur ces questions », nous a-t-on confié à la Commission.
En 2015, l'UE et l'Inde ont tenté, en vain, de relancer le processus des négociations pour un accord bilatéral sur le commerce et l'investissement (BITA), lancé en 2007 et mis en pause après 13 sessions de discussions au plan technique (la dernière en mai 203), à la veille des élections générales en Inde au printemps 2014 qui ont porté au pouvoir l'actuel Premier ministre indien, Narendra Modi. Les deux parties n'avaient à l'époque jamais été en mesure d'aplanir leurs divergences sur plusieurs chapitres clés (EUROPE 10931).
L'Inde faisait de l'octroi par l'UE du statut de 'pays protecteur des données' une exigence essentielle pour l'essor de son industrie des technologies de l'information (IT) et elle voulait aussi une offre ambitieuse de l'UE sur les visas de travail temporaires pour les professionnels de son industrie IT.
De son côté, l'UE attendait plus de concessions indiennes en matière d'accès au marché des biens (dans le secteur automobile et dans le secteur des vins et spiritueux en particulier) et des services (notamment dans le secteur de la distribution et des services juridiques, après des engagements pris par New Delhi dans le secteur des banques et assurances), mais aussi en matière d'accès aux marchés publics. Enfin, l'UE avait de fortes ambitions en matière de propriété intellectuelle (protection de ses indications géographiques) et voulait inclure dans le BITA un chapitre ambitieux relatif au développement durable.
Initialement, l'UE et l'Inde voulaient dynamiser une relation commerciale qui a vu les échanges de marchandises doubler en une décennie pour atteindre plus de 80 milliards € en 2011, mais retomber à 72,5 milliards € en 2014 (dont 35,5 milliards € d'exportations pour l'UE). Leurs échanges de services sont aussi en légère baisse, passant de 24,3 milliards € en 2012 à 22,4 milliards € en 2014 (dont 11,8 milliards € d'exportations pour l'UE). En matière d'investissement direct étranger (IDE), le stock d'IDE de l'UE en Inde était de 34,7 milliards € fin 2013, alors que celui de l'Inde dans l'UE était de 9 milliards €. (Emmanuel Hagry)