Bruxelles, 18/12/2015 (Agence Europe) - La chancelière allemande, Angela Merkel, a été la seule à critiquer la proposition de règlement visant à instaurer un système européen de garantie des dépôts bancaires (EDIS), 3ème pilier de l'union bancaire en zone euro, vendredi 18 décembre, lors du Conseil européen.
Nous avons été clairs depuis le premier jour: nous ne pouvons soutenir cette proposition, a déclaré Mme Merkel lors d'un débat sur l'approfondissement de l'Union économique et monétaire (UEM), selon des propos rapportés. Elle a fait part de ses « doutes » vis-à-vis de la proposition EDIS qui vise à mutualiser d'ici à fin 2023 les risques liés à l'épargne des personnes privées (EUROPE 11448). Selon Mme Merkel, le fait que le volet 'garantie des dépôts' soit une condition au bon fonctionnement de l'union bancaire n'a jamais été exprimé. Dès lors, Berlin fait pression pour que les travaux européens dans le domaine financier donnent la priorité à la réduction des risques plutôt qu'à un partage accru des risques au sein de l'union bancaire.
Lors du débat, le Premier ministre italien, Matteo Renzi, a demandé à la chancelière si sa position était définitive. « Ce n'était pas une attaque », s'est-il défendu devant la presse à l'issue des travaux. L'Italie est très en faveur d'une mutualisation progressive des risques liés aux dépôts bancaires, initiative qu'elle considère même être de nature à accroître la confiance des acteurs du marché et, partant, à réduire les risques financiers. Dans la même veine, son homologue socialiste, le président français, François Hollande, a estimé « très important » que l'union bancaire soit complétée avec un système européen de garantie des dépôts.
Dans leurs conclusions, les leaders européens demandent au Conseil Ecofin d'examiner « rapidement » les propositions de la Commission visant à renforcer l'UEM, telles que la proposition EDIS et la création d'autorités nationales de la compétitivité, et de leur faire rapport en juin 2016. Selon le président du Conseil européen, Donald Tusk, ils sont « prêts à prendre des décisions difficiles » pour renforcer la gouvernance économique et budgétaire de la zone euro. Mais ils évitent de donner des exemples des mesures envisagées. Vendredi, le Conseil européen ne s'est, en tout cas, pas penché sur des initiatives plus ambitieuses qui nécessiteraient une modification des traités, telles que la création d'une capacité budgétaire pour soutenir les pays de la zone euro réformant en profondeur leur économie. Il reviendra sur ces questions au plus tard fin 2017, c'est-à-dire après les élections législatives en Allemagne et en France. « Il n'y a rien de bien nouveau à souligner », a conclu le président de la Commission, Jean-Claude Juncker. (Mathieu Bion)