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Bulletin Quotidien Europe N° 11457
CONSEIL EUROPÉEN / (ae) terrorisme

L'UE veut renforcer les outils existants, en particulier le 'PNR' et les échanges d'informations

Bruxelles, 18/12/2015 (Agence Europe) - Le Conseil européen a, comme prévu, appelé à renforcer les outils existants pour mieux lutter contre le terrorisme, vendredi 18 décembre.

Les conclusions adoptées lors de cette réunion à Bruxelles des chefs d'État ou de gouvernement de l'UE insistent ainsi sur l'entrée systématique dans les fichiers policiers européens, comme le SIS 2, des données sur les combattants étrangers, sur l'extension du fichier européen sur les casiers judiciaires (ECRIS) aux ressortissants des pays tiers ou encore sur le renforcement des échanges d'informations entre les autorités nationales de contre-terrorisme. Ces dernières sont d'ailleurs appelées à coopérer davantage dans le cadre du futur centre de contre-terrorisme qui sera créé au sein d'Europol.

Un autre point important des conclusions concerne l'accès de Frontex et d'Europol aux bases de données pertinentes et la volonté affichée des dirigeants européens d'accroître le nombre de données partagées par les États membres avec les bases d'Europol. Le Conseil européen a encore souligné la nécessité de procéder à des contrôles systématiques aux frontières externes de l'espace Schengen, y compris des ressortissants européens. Il s'est aussi engagé à examiner rapidement les propositions récentes sur les armes à feu (EUROPE 11451).

Le Conseil européen s'est en même temps félicité des progrès enregistrés sur le dossier concernant le système de collecte des données passagers européens ('PNR européen'), qui devrait être formellement adopté en janvier 2016 (EUROPE 11450). Plus d'un mois après les attentats de Paris, ayant fait 130 victimes, ils ont aussi réitéré leur volonté d'utiliser tous les outils à leur disposition, y compris dans le cadre de la coopération avec les États-Unis.

À l'issue de la réunion, plusieurs dirigeants se sont exprimés sur ce sujet, les uns insistant sur le dossier du 'PNR européen', les autres sur la coopération au sein de l'UE. Ainsi, pour le Premier ministre belge, Charles Michel, « s'agissant du terrorisme, il y a une grande détermination à tenter de mieux échanger les informations ». « Il y a des progrès à réaliser, à mieux partager les données dont chacun dispose », a-t-il ajouté.

Le président français, François Hollande, a, pour sa part, salué les « progrès enfin obtenus pour le 'PNR' ». « Il ne s'agit pas seulement de décider, mais de mettre en oeuvre, le PNR doit être mis en oeuvre très vite », a-t-il insisté. Il a aussi affirmé que « la lutte contre le trafic d'armes doit être menée avec encore plus de coordination et donc encore plus d'ambition », en ciblant « toutes les armes, car les armes utilisées dans le banditisme ou le trafic de drogues peuvent à un moment se retrouver dans les mains des terroristes ». Il a également parlé de la lutte contre le financement du terrorisme et a salué les résultats d'une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies sur le terrorisme qui a été adoptée jeudi 17 décembre à New York. Elle va permettre de lutter « contre la finance sale, les paradis fiscaux », a-t-il souligné.

Cette résolution, mise au point conjointement par Washington et Moscou, cible directement le groupe terroriste Daech. Elle appelle tous les pays à « agir de manière énergique et décisive pou couper les fonds et autres ressources économiques » de l'organisation, dont le pétrole et le trafic d'antiquités, et pour sanctionner « de manière plus active » ses soutiens financiers. Les États sont invités à faire du financement du terrorisme « un grave crime dans leurs lois nationales », même en l'absence de tout lien avec un acte terroriste précis, et à intensifier les échanges d'informations à ce sujet, y compris entre gouvernements et secteur privé. (Solenn Paulic avec Elodie Lamer et Camille-Cerise Gessant)

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