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Bulletin Quotidien Europe N° 11427
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) climat

Un pilotage politique de la pré-COP est requis pour favoriser un succès à Paris

Bruxelles, 09/11/2015 (Agence Europe) - Les ministres de 70 pays de tous les groupes de négociation sont réunis en 'Pré-COP' à Paris (8-10 novembre), non pour négocier, mais pour baliser la route pour la COP 21 où doit être conclu un accord climatique mondial, juridiquement contraignant, qui entrerait en vigueur en 2020 (EUROPE 11421).

Participent à cette dernière réunion informelle, qualifiée par l'ONU de 'répétition générale', la totalité des principaux pays émetteurs de gaz à effet de serre (dont les États-Unis, le Canada, l'Australie, l'UE et plusieurs de ses États membres, la Chine, l'Inde, l'Afrique du Sud, le Brésil, l'Indonésie, la Russie, l'Arabie saoudite et d'autres pays du Golfe) et de nombreux pays vulnérables au changement climatique comme le Bangladesh, les petits États insulaires en développement ou le Niger

Encouragé par les progrès accomplis à Bonn et l'élan mondial sans précédent pour le climat, le commissaire européen à l'Action pour le climat et à l'Énergie, Miguel Arias Canete, est néanmoins conscient que beaucoup reste à faire pour transformer l'essai de Bonn (50 pages de projet d'accord truffé d'options et de crochets) en un succès à Paris. « En dépit du nombre impressionnant d'INDC (offres de contribution nationales) et des preuves de plus en plus nombreuses de la détermination politique à conclure un accord à Paris, il nous reste beaucoup de travail à faire. Ce qu'il faut maintenant, c'est le pilotage politique pour porter le processus au niveau supérieur », a-t-il souligné.

Dès l'ouverture de la pré-COP, Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères qui présidera la COP21, a rappelé que, même si le texte sur la table est accepté par tous comme base de négociation pour Paris « nos négociateurs techniques butent encore sur une série de grandes questions politiques. Ils ne peuvent pas toujours les résoudre à leur niveau. Il nous faut donc, au niveau des ministres, trancher entre les grandes options disponibles ».

Les ministres disposent encore de deux jours pour plancher sur quatre questions nécessitant encore un consensus politique, à savoir: - l'ambition de l'accord: l'idée est d'amener tous les pays à accepter le principe d'une clause de révision des contributions nationales avec la mention d'une périodicité (l'UE souhaite une révision quinquennale) ; - l'équité de l'accord: si le principe d'une prise en compte des responsabilités passées et des capacités de chacun , cher aux pays en développement, est acté, les modalités de mise en oeuvre restent encore à discuter ; - les financements après 2020: il convient de réfléchir aux possibles financements en déterminant s'il faut envisager la contribution des pays en développement et l'augmentation de l'enveloppe des 100 milliards de dollars par an promise en 2009 par les pays industrialisés à l'horizon 2020 ; - l'avant 2020: il convient de déterminer quelles actions concrètes doivent être entreprises d'ici à l'entrée en vigueur du nouvel accord mondial.

Pour l'eurodéputé Jo Leinen (S&D, allemand), expert en questions climatiques, pas de doute: l'UE doit montrer l'exemple, en matière de financement climatique notamment. «Les gouvernements européens doivent annoncer la couleur et prendre des engagements financiers envers les pays en développement, y compris au-delà de 2020. Si les États membres ne montrent pas maintenant qu'ils sont prêts, pour un succès à Paris, à actionner tous les leviers, ils compromettent leur crédibilité et l'unité dans les négociations climatiques ». À trois semaines de la COP21, il estime que les ministres doivent faire des compromis concrets pour aplanir les difficultés liées aux questions encore ouvertes. Un engagement politique clair sur un objectif d'atténuation à long terme et sur la nécessité de tourner le dos aux investissements dans les combustibles fossiles sera, selon lui, déterminant. Là encore, l'UE doit « maintenant donner l'exemple pour s'assurer du soutien des pays émergents comme la Chine, le Brésil et l'Inde », précise l'eurodéputé. (Aminata Niang)

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