Bruxelles, 05/11/2015 (Agence Europe) - L'Union européenne, la Chine et les États-Unis ont décidé de renforcer leur coopération en matière de sûreté alimentaire, en scellant un accord inédit de coopération trilatérale visant à protéger la santé des consommateurs.
Couronnement de plusieurs années de discussions, cet accord a été formellement entériné, lundi 2 novembre à Pékin, par les trois plus grands partenaires commerciaux au monde dans le domaine agro-alimentaire, à l'occasion de la visite officielle en Chine du commissaire européen à la Santé et à la Sûreté alimentaire, Vytenis Andriukaitis (1er-5 novembre).
La Food and Drug Administration des États-Unis, la Direction générale de la Santé et de la Sûreté alimentaire de la Commission européenne et l'Administration générale de la Qualité, la Supervision, l'Inspection et la Quarantine de la République populaire de Chine ont formellement reconnu la nécessité de renforcer leur coopération « dans un esprit d'ouverture et de connaissance mutuelle, visant à construire la confiance ».
Cette coopération trilatérale consistera en un échange d'informations sur la sûreté alimentaire, des échanges scientifiques et techniques sur les questions de sûreté alimentaire, une coopération réglementaire pour renforcer la capacité de réponse aux problèmes de sûreté alimentaire, l'organisation de réunions conjointes sur la sûreté alimentaire ou d'autre réunions spécifiques autant que de besoin - réunions auxquelles les trois parties encourageront la participation de toutes les agences compétentes en matière de sécurité des aliments.
La Chine, l'UE et les États-Unis coopéraient déjà au niveau bilatéral, notamment au sein de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Cette coopération trilatérale inaugurale s'exercera au bénéfice de 2 millions de consommateurs représentant un tiers de la population mondiale.
De la quantité à une qualité accrue. La Chine s'est récemment dotée de son treizième plan quinquennal qui met notamment l'accent sur la sécurité alimentaire et la sûreté alimentaire, l'environnement, la mondialisation, l'innovation, l'amélioration du bien-être social. Dans le discours qu'il a prononcé, mercredi 4 novembre à la 'China International Food Safety and Quality Conference', Vytenis Andriukaitis a salué ce plan. « J'y vois des possibilités accrues de coopération et d'opportunités pour les entreprises européennes de bénéficier de liens commerciaux et d'investissement plus importants. C'est le signe, sans équivoque, d'une volonté de passer de la quantité à une qualité accrue », a-t-il dit. Soulignant que « l'accès, en quantité suffisante, à une nourriture sûre est une condition fondamentale de la santé humaine », le commissaire a rappelé que, selon l'OMS, le décès de quelque 2 millions de personnes par an est lié à de la nourriture qui n'est pas sûre. Le défi à relever est de taille, puisque la mondialisation a conduit à « complexifier et allonger la chaîne alimentaire mondiale en multipliant les dangers et les risques que les aliments menacent la santé humaine ».
Au cours de sa visite, le commissaire Andriukaitis a rencontré des ministres et des hauts fonctionnaires des autorités sanitaires et de sécurité des aliments, notamment le ministre Jingquan, responsable de la China Food and Drug Administration. (Aminata Niang)