Bruxelles, 05/11/2015 (Agence Europe) - À la veille de la 24ème session de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (CICTA), qui se tiendra à Malte du 10 au 17 novembre 2015, Europêche (Association des organisations nationales d'entreprises de pêche de l'UE) a annoncé, jeudi 5 novembre, soutenir une forte hausse des quotas de thon rouge.
L'an dernier, les parties contractantes s'étaient prononcées en faveur d'une hausse de 20% par an, sur trois ans, du total admissible de captures (TAC) de thon rouge en Méditerranée et en Atlantique est. Le TAC, de 13 500 tonnes au total pour 2014, est passé à 16 142 tonnes en 2015, puis devait atteindre 19 296 tonnes en 2016 (selon les décisions de la CICTA). Le TAC pour 2017 avait été fixé provisoirement à 23 155 tonnes (mais doit être revu à la lumière d'une nouvelle évaluation du stock en 2016).
Europêche demande qu'en 2016 le TAC soit fixé au niveau prévu pour 2017, soit 23 155 tonnes, ce qui représenterait une hausse de 40% des prises. Europêche fonde sa position sur les dernières évaluations scientifiques qui montreraient des indices d'abondance à des niveaux record, une biomasse au-dessus du rendement maximal durable (RMD) et une mortalité par pêche très basse. Europêche demande que des mesures soient prises pour assurer le respect des accords adoptés en 2014 au sein de la CICTA, « puisque la Turquie a déposé une objection à la recommandation de la CICTA sur les quotas de pêche pour 2015, 2016 et 2017 et s'est unilatéralement attribué un quota supplémentaire de 600 tonnes pour cette année et les années à venir », explique Europêche. Le président d'Europêche, Javier Garat, a exhorté les parties contractantes, en particulier le Japon, les États-Unis et les États membres de l'UE, à ne pas acheter de thon rouge originaire de Turquie, « car s'ils le font, cela mettrait en péril le contrôle et la durabilité de cette activité de pêche ». En outre, Europêche soutient l'adoption éventuelle de mesures spécifiques pour les pêcheurs artisanaux en ce qui concerne les captures accidentelles.
Par ailleurs, cette organisation demande: - la mise en oeuvre d'un plan de gestion pour réguler correctement les populations de requins bleus et de requins mako (ou requin-taupe) dans le nord et le sud de l'Atlantique ; - un renforcement des mesures pour gérer la pêche à l'espadon et éviter les prises illégales de cette espèce, qui doit être davantage protégée ; - la mise en place de mesures efficaces pour contrôler l'effort de pêche de thon obèse (étendre aux palangriers l'interdiction de transbordements en mer qui s'applique aux senneurs, ceci pour limiter les problèmes lors de pêches par des navires asiatiques). (Lionel Changeur)