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Bulletin Quotidien Europe N° 11369
ÉCONOMIE - FINANCES / (ae) uem

Quitter la zone euro devrait être possible, selon des experts allemands

Bruxelles, 29/07/2015 (Agence Europe) - Un comité de 5 experts chargés de conseiller le gouvernement allemand estiment qu'en solution de dernier recours un pays de la zone euro devrait être en mesure de sortir de la zone euro s'il n'est pas en mesure de rembourser sa dette.

« Un pays qui, de façon permanente, ne serait pas coopératif ne devrait pas pouvoir menacer l'existence de la zone euro », a estimé le Conseil allemand des experts économiques, dans un rapport sur la gouvernance de l'Union économique et monétaire (UEM) publié mardi 28 juillet. Selon Christoph Schmidt, qui a piloté les travaux, il convient de se rendre à l'évidence que l'électorat des pays créanciers n'est pas disposé à financer « de façon permanente » les pays débiteurs, a rapporté El País.

Cette position conforte celle du ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, qui avait mis sur la table l'idée d'une sortie temporaire de la Grèce de la zone euro dans la dernière ligne droite des récentes négociations entre Athènes et ses créanciers interinstitutionnels (EUROPE 11358). Cette solution, dont personne n'est en mesure d'appréhender les conséquences économiques et politiques pour la Grèce et l'Eurozone, n'avait finalement pas été retenue.

Réagissant au rapport, le secrétaire d'État allemand à l'Économie, Rainer Sontowski, a considéré que les cinq experts « sous-estiment la volonté politique pour une Europe unie », dans un communiqué. Selon lui, les autorités allemandes réfléchissent « activement à des pas supplémentaires pour parachever » l'UEM.

Mécanisme d'insolvabilité. Les cinq 'sages' allemands envisagent la mise sur pied d'un mécanisme d'insolvabilité à travers lequel les pays créanciers subiraient des pertes sèches en cas de faillite d'un pays de la zone euro. Une éventualité à laquelle aucun État concerné ne s'est encore résolu.

Les experts expriment également leurs doutes quant aux idées avancées par la France et l'Italie concernant un approfondissement de l'UEM à travers notamment la création d'un budget spécifique pour la zone euro (EUROPE 11367). Selon eux, la volonté des citoyens n'est « certainement pas là ». (Mathieu Bion)