Bruxelles, 29/07/2015 (Agence Europe) - La Commission européenne a demandé, mardi 28 juillet, au gouvernement français de mener une enquête afin de déterminer si le parc d'attraction Disneyland Paris mène une politique de tarification discriminatoire selon l'origine des visiteurs, pratique qui irait à l'encontre du droit de l'UE.
Selon le quotidien britannique Financial Times, un citoyen français débourserait pour un pack premium précisément 1 346 euros contre 1 870 euros pour un ressortissant britannique et 2 447 euros pour un touriste allemand. Dans la même veine, les Britanniques paieraient pour un ticket d'un jour en moyenne 15% de plus que les Français. De plus, ces derniers profiteraient de nombreux avantages, tels que des remises pour les familles, des packs annuels ou des options de paiement mensuel à taux réduits.
« Il faut préciser que le fait qu'une société établisse des prix ou des tarifs différents pour des produits et services pour différents marchés n'est pas en soi illégal, par contre ce qui est contraire à l'article 20 de la directive services est de ne pas avoir de transparence sur la manière dont ces tarifs sont établis et de ne pas permettre aux consommateurs d'aller sur d'autres sites web, où physiquement sur d'autres marchés, pour accéder à ces biens et services », a expliqué Lucia Caudet, porte-parole de la Commission pour le marché intérieur.
L'article 20 de la directive des services (2006/123/CE) indique en effet que les États membres doivent veiller « à ce que le destinataire ne soit pas soumis à des exigences discriminatoires fondées sur sa nationalité ou son lieu de résidence ». La directive précise toutefois que des tarifs différenciés peuvent être pratiqués, mais sur la base de « critères objectifs ».
La Commission attend maintenant des explications de Disneyland Paris afin de mieux comprendre le processus de fixation des prix. Disneyland Paris a défendu sa politique de tarification et a indiqué que les tarifs pour les commandes directes, par exemple pour un pack classique sans offre promotionnelle, étaient les mêmes quel que soit le marché. Cependant, le parc s'octroie le droit de faire des promotions adaptées en fonction du pays afin d'attirer de nouveaux clients, sur la base de critères objectifs, tels que le calendrier des vacances scolaires, rapporte le quotidien français La Tribune. (Pascal Hansens)