Bruxelles, 29/07/2015 (Agence Europe) - L'horizon s'est un peu dégagé, vendredi 24 juillet à Genève, pour les négociations climatiques internationales qui reprendront de manière décisive au niveau des experts, du 31 août au 4 septembre prochains à Bonn (Allemagne).
Au lendemain de la réunion informelle du Conseil Environnement de l'UE qui avait appelé les négociateurs à accélérer le mouvement pour formaliser les progrès engrangés au niveau politique (EUROPE11365), les coprésidents du groupe de l'ONU chargé de parvenir à un accord universel sur le changement climatique à Paris (COP 21, 30 novembre - 11 décembre), Ahmed Djoghlaf (Algérie) et Daniel Reifsnyder (États-Unis), ont fait oeuvre de clarification.
La version consolidée du texte formel de négociation qu'ils ont publiée le 24 juillet couvre les éléments principaux de l'accord - l'atténuation, l'adaptation, la finance, la technologie, le renforcement des capacités, ainsi que la transparence de l'action et du soutien. Mais, pour la première fois, elle clarifie ce que pourrait être le contenu de l'accord juridique de Paris et quelles décisions pourraient être prises avec effet immédiat. Elle commence aussi à identifier quelles décisions devront être prises à un stade ultérieur pour rendre l'Accord de Paris pleinement opérationnel avant son entrée en vigueur en 2020.
Ainsi, les nouveaux engagements stimulant la riposte au changement climatique pourraient être inscrits dans l'accord, tandis que les détails relatifs aux modalités de mise en oeuvre et toute nouvelle mesure de soutien à cette mise en oeuvre seraient contenus dans une décision conjointe. Cette option qui se dessine serait conforme au caractère dynamique du futur Traité de Paris qui a vocation à renforcer l'action dans le temps.
Une COP pas comme les autres. De nombreux pays attendront octobre pour soumettre à l'ONU leur offre de contribution fondée sur des efforts nationaux (INDC). Des pays émergents comme la Colombie, le Brésil et l'Indonésie devraient mettre sur la table leur contribution au cours des prochaines semaines, avait indiqué le commissaire à l'Action pour le climat, Miguel Arias Canete, lors de la réunion informelle des ministres de l'Environnement du 23 juillet. « Si les Iles Marshall ont pu le faire, d'autres le peuvent aussi », avait-il fait observer en exhortant tous les pays à transmettre leur INDC « sans tarder ». « Nous ne pouvons pas échouer », avait prévenu le commissaire en exhortant chacun à « sortir de sa zone de confort ». Selon lui, « les progrès dépendront aussi de la manière dont les divisions, voire les confrontations historiques entre les pays développés et les pays en développement, seront surmontées ».
À ce stade, 46 pays plus l'UE ont transmis leur contribution prévue et déterminée au niveau national INDC. Ces pays représentent 56% des émissions mondiales. C'est une différence majeure avec le Protocole de Kyoto qui, pour sa deuxième période d'engagement, ne couvre que 13% des émissions mondiales, aime à le répéter le commissaire.
« Il faut rehausser l'ambition et tout le monde est disposé à consentir des efforts. À Paris, il faut un accord contraignant, universel, dynamique et très ambitieux. Il reste beaucoup de travail mais la COP 21 n'est pas une COP comme les autres: on doit aboutir à un résultat suffisant », avait-il déclaré à EUROPE à Luxembourg. Quant à savoir si des objectifs individuels non contraignants, comme le veulent les États-Unis (EUROPE 11363), seront suffisants, le commissaire avait répondu: « L'UE veut des objectifs contraignants pour montrer à ses citoyens que nous sommes prêts à respecter nos objectifs. On ne veut pas répéter l'expérience de Kyoto. Il faut tout le monde à bord. Des Iles Marshall à la Chine ».
Après Bonn, une autre session de négociation entre les 196 parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques est prévue en octobre, en amont de la conférence de Paris. L'UE adoptera sa position de négociation lors du Conseil Environnement extraordinaire du 18 septembre. (Aminata Niang)