Bruxelles, 27/07/2015 (Agence Europe) - Le nombre de citoyens qui se sont mobilisés en cinq semaines, pour la défense de deux directives de l'UE, décisives pour la protection de la nature en Europe, approche le demi-million, a annoncé un collectif d'ONG environnementales européennes vendredi 24 juillet.
C'est le 24 juillet à minuit que s'achevait la consultation publique lancée le 12 mai dernier par la Commission européenne sur les directives 'Habitats' (92/43/CEE) et 'Oiseaux sauvages' (79/409/CEE). Ces deux législations sont actuellement soumises à un bilan de santé, c'est-à-dire à une évaluation au titre du programme REFIT pour en mesurer l'efficacité qui pourrait déboucher sur leur modification en juin 2016 (EUROPE 11308).
Opposé à la révision de directives européennes qui ont fait la preuve de leur efficacité (EUROPE 11326), le WWF, la plus grande ONG de protection de la nature, appuyé par une coalition de 200 ONG dans 28 pays européens, avait lancé, le 20 mai, un appel à tous les citoyens pour qu'ils participent à cette consultation publique. L'appel a été entendu et la campagne 'alerte Nature', qui demandait aux décideurs politiques européens de « sauver les directives Habitats et Oiseaux sauvages » et plaidait pour l'amélioration de la mise en oeuvre et le renforcement des règles établies par ces deux directives, peut s'enorgueillir de son succès.
« Près d'un demi-million de personnes ont appelé la Commission européenne à sauver les directives de protection de la nature. C'est de loin, dans l'histoire de l'UE, le plus grand nombre de réponses jamais reçu à une consultation. Plus de 120 ONG environnementales ont adressé un message clair aux décideurs européens: les directives de l'UE sur la protection de la nature ne doivent pas être modifiées », soulignent, dans un communiqué conjoint, le WWF, BirdLife International/BirdLife Europe, Friends of the Earh Europe et le Bureau européen de l'environnement (BEE).
Mais les ONG et les citoyens ne sont pas les seuls à penser ainsi, font observer les ONG. La grande majorité des parties prenantes, qui ont répondu à la consultation, souligne aussi la nécessité d'une meilleure mise en oeuvre des directives et d'un financement accru en faveur de la conservation de la nature. Rares sont ceux qui ont remis en cause les directives et ont demandé leur révision, exception faite de répondants dans le secteur agricole, l'association des propriétaires privés de forêts et l'industrie de la pêche. Les directives 'Habitats' et 'Oiseaux' jouissent en l'état d'un fort soutien de la part des autres secteurs de l'industrie, notamment l'industrie du ciment, les opérateurs de réseaux électriques, l'agriculture biologique et le tourisme, soulignent les ONG.
« À l'heure où l'UE est sévèrement mise sur la sellette, le soutien écrasant aux directives européennes de protection de la nature, provenant de tous les coins du continent, montre que les gens peuvent se rassembler pour défendre ce qui compte réellement pour eux. Les Européens se préoccupent de leur nature et des lois qui la protègent. Il est temps que la Commission s'incline devant les preuves et établisse un programme pour la protection de la nature fondé sur davantage de financement et une mise en oeuvre renforcée », a déclaré Geneviève Pons-Deladrière, directrice du bureau européen du WWF, dans un communiqué.
Le WWF et les ONG environnementales qui soutiennent sa campagne 'Gardons la nature en vie' redoutent que le 'bilan de santé' des deux directives ne débouche sur un affaiblissement de deux législations qui constituent l'ossature de la conservation de la nature. L'analyse des résultats de la consultation par la Commission est, en principe, attendue à l'automne. (Aminata Niang)