Bruxelles, 02/07/2015 (Agence Europe) - Vingt-six députés européens issus de cinq groupes politiques ont rejoint l'appel lancé par les ONG Nuclear Transparency Watch et Bankwatch, mercredi 1er juillet, en faveur du gel de la procédure de prêt de la BERD et d'Euratom pour l'extension de la durée de vie des centrales nucléaires ukrainiennes tant qu'une évaluation de l'impact environnemental transfrontalier et une consultation publique ne sont pas lancées en conformité avec des traités internationaux dont l'Ukraine est partie.
Dans un courrier adressé aux directions de la Commission, de la BERD et d'Euratom, ces députés pointent du doigt le « risque accru d'accident grave » lié à l'extension de la durée de vie des réacteurs du parc nucléaire ukrainien grâce au programme de 600 millions d'euros financé par la BERD et Euratom pour améliorer la sûreté et moderniser les 15 réacteurs nucléaires ukrainiens.
Outre les risques dus à l'obsolescence de certains éléments des installations qui ne peuvent être changés, comme la cuve des réacteurs ou le bâtiment de confinement, les députés soulignent les menaces à la sécurité des centrales ukrainiennes liées au conflit armé en cours en Ukraine orientale.
Ces députés déplorent qu'une extension de 20 ans de la durée de vie ait déjà été accordée pour les réacteurs 1 et 2 de la centrale de Rivne malgré le fait qu'aucune évaluation de l'impact environnemental transfrontalier ni aucune consultation publique n'aient été menées en Ukraine et dans les pays voisins en conformité avec les conventions d'Espoo et d'Aarhus, à la fois signées et ratifiées par l'Ukraine et tous les pays membres de l'UE.
« Bien que ce comportement ait été évalué par le comité d'application de la Convention d'Espoo comme une violation de ce traité international, l'Ukraine ne semble pas adopter une approche différente pour les prochaines extensions de durée de vie de ses centrales nucléaires. Son autorité de sûreté nucléaire est connue pour ignorer les risques de sûreté et ne pas être fiable: en 2013, elle a prolongé de 20 ans la durée de vie d'un réacteur au sud du pays, en dépit d'études indépendantes montrant que les limites de sécurité ont excédé jusqu'à dix fois les niveaux acceptables », prévient Dario Tamburrano (EFDD, italien).
« L'énergie nucléaire exige les plus hauts niveaux de sûreté et la société civile joue un rôle essentiel pour garantir cela. Les règles internationales en matière de transparence doivent être respectées », insiste le député allemand Jo Leinen (S&D).
Le courrier est signé par dix députés du groupe Vers/ALE, emmenés par la Française Michèle Rivasi, présidente de l'ONG Nuclear Transparency Watch, huit membres du groupe S&D, six membres du groupe EFDD, plus le Finlandais Sirpa Pietikaïnen (PPE) et l'Allemand Helmut Scholz (GUE/NGL). (Emmanuel Hagry)