L'attractivité de la France a repris vigueur en 2014. - En termes de nombre de projets d'investissements étrangers, la France a dépassé en 2014 la moyenne européenne avec 608 projets issus de tous les secteurs et de tous les horizons, selon le baromètre annuel sur l'attractivité de la France que vient de publier le cabinet EY. Le pays dépasse même ses niveaux d'avant-crise. Au niveau européen, la France reste au 3ème rang en nombre d'implantations, derrière le Royaume-Uni (887 projets) et l'Allemagne (763 projets). À l'heure où les investisseurs internationaux retrouvent le chemin de l'Europe, dont l'attractivité est en forte progression cette année, celle de la France s'inscrit dans cette tendance avec une augmentation des projets de 18% par rapport à 2013. Cependant, l'analyse montre également une baisse de la création d'emplois induite par ces investissements, soit -11% par rapport à 2013. La taille moyenne des projets témoigne aussi d'une grande prudence des entreprises et chute par rapport à 2013: en moyenne, une implantation internationale en France débouche sur la création de 21 emplois, contre 27 l'année précédente. Par comparaison, les emplois créés au Royaume-Uni par les nouvelles implantations étrangères sont 2,5 fois plus nombreux. Les entreprises à capitaux étrangers adaptent leurs implantations au contexte fiscal et social français, notamment à un coût du travail encore jugé prohibitif. Si l'investissement industriel affiche un certain dynamisme, il est plus le fait d'extensions que d'implantations nouvelles et de petite taille, constate le rapport. Est mise également en exergue la faible attractivité de la France pour les sièges sociaux, les centres de R&D et les entreprises provenant des marchés émergents. Autant d'investissements pour l'avenir qui ne se font pas - ou plus - en France. Enfin, 68% des investisseurs étrangers se sont déclarés satisfaits de la France comme pays d'accueil: le pays reste une économie à taille critique, dotée d'une grande variété de secteurs et de compétences répartis sur l'ensemble du territoire. Ils y déplorent toutefois un « carcan fiscal », une rigidité durable du marché du travail et l'instabilité chronique de sa réglementation. Les quatre mesures que les investisseurs recommandent de prendre en priorité pour que la France soit un leader de l'attractivité au niveau mondial sont: 1) alléger le coût du travail (44%) ; 2) assouplir l'environnement administratif et juridique des entreprises (40%) ; 3) alléger la fiscalité des entreprises (37%); 4) soutenir la recherche et l'innovation (32%). (Isabelle Lamberty)