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Bulletin Quotidien Europe N° 11322
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) dÉveloppement

Financement post-2015, l'UE arrête sa position pour Addis-Abeba

Bruxelles, 27/05/2015 (Agence Europe) - Le Conseil Affaires étrangères, réuni dans sa formation Développement, a reconfirmé, mardi 26 mai à Bruxelles, l'engagement de l'UE d'allouer collectivement 0,7% de son RNB à l'aide publique au développement, sans date précise, mais « dans le calendrier du programme post-2015 », et d'en consacrer une bonne part aux pays les moins avancés: 0,15 - 0,20% du RNB à court terme et 0,20% dans le calendrier de l'agenda post-2015.

Ce ne fut pas une mince affaire et la partie n'était pas gagnée, mais le réalisme et le sens des priorités à l'égard de l'Afrique, notamment, l'ont emporté (EUROPE 11320, 11319).

La discussion fut très longue pour réussir à mettre d'accord les quatre pays qui atteignent déjà les 0,7% (la Suède 1,10%, le Luxembourg 1,07%, le Danemark 0, 85% et le Royaume-Uni 0,71% - EUROPE 11290) et pressaient pour un réengagement dans les meilleurs délais, et les autres, réticents à l'idée de s'engager sur un calendrier sans savoir s'ils pourront le tenir, à savoir les pays qui ont des difficultés budgétaires et les États membres ayant adhéré à l'UE après 2002 et pour lesquels l'objectif de 0,33% du RNB qui leur a été assigné représente déjà un effort conséquent.

La détermination de la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, à parvenir à un accord, a payé. Elle a permis au Conseil d'arrêter la position que défendra l'UE à la troisième conférence mondiale sur le financement du développement (Addis-Abeba, 13-16 juillet) couvrant un agenda beaucoup plus large que ce seul point et qui va bien au-delà du seul développement, puisqu'il s'agit d'un agenda universel pour l'éradication de la pauvreté et le développement durable après 2015.

Par leurs conclusions unanimes et lors de leur dîner mardi soir avec le secrétaire général de l'ONU sur le futur partenariat mondial post-2015, les ministres ont adressé à Ban Ki-moon un message de plein soutien et d'engagement à une contribution active pour garantir le succès de la conférence d'Addis-Abeba. Tous estiment que ce rendez-vous international est décisif pour la mise en oeuvre du nouveau partenariat pour l'éradication de la pauvreté et le développement durable post-2015 à adopter à New York en septembre, et pour lequel le Conseil de l'UE avait établi en décembre les principes directeurs.

« C'est une base solide pour l'action et le leadership de l'UE dans le processus de négociation à venir. C'est un signe clair de l'engagement de l'UE envers l'éradication de la pauvreté et le développement durable au niveau mondial », a commenté Federica Mogherini.

Dans ses conclusions, le Conseil rappelle que l'UE et ses États membres sont les premiers donateurs au monde en fournissant depuis des années plus de la moitié de l'aide publique mondiale par an, mais que l'aide au développement ne fait pas tout.

Partant, il souligne que l'aide publique au développement est essentielle pour les PMA et les États fragiles et en conflit, mais insiste sur l'importance que revêtent aussi, pour tous les pays, la mobilisation efficace des ressources financières nationales et internationales ; la bonne gouvernance ; la coopération internationale pour lutter contre l'évasion fiscale, l'évitement fiscal et les flux financiers illicites ; la mobilisation du secteur privé au niveau national et international ; le développement du commerce et des investissements ; l'encouragement de la science, la technologie et l'innovation ; une bonne gestion de la migration et de la mobilité pour tirer profit des effets positifs de la migration sur le développement durable. (Aminata Niang)

 

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