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Bulletin Quotidien Europe N° 11322
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) mÉditerranÉe

Ban Ki-moon reste contre la destruction des bateaux

Bruxelles, 27/05/2015 (Agence Europe) - Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a exprimé, une nouvelle fois, son opposition à la destruction des bateaux qui emmènent des migrants d'une côte à l'autre de la Méditerranée, lors de sa visite à Bruxelles, mercredi 27 mai. C'est un rappel qui intervient au moment même où l'UE continue d'essayer d'obtenir une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU qui lui permettrait de lancer une opération navale militaire (EUNAVFOR Med), avec l'objectif de détruire des bateaux utilisés par les passeurs.

« Détruire ces bateaux, cela pourrait conduire à priver des personnes de leurs moyens déjà très limités », a-t-il affirmé, lors d'un point presse avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Selon le secrétaire général, « une opération militaire a une efficacité limitée ». Il a ajouté que « la destruction des bateaux avait d'autres implications », mais sans donner plus de détails.

Ban Ki-moon a rappelé qu'il soutenait le renforcement des actions de recherche et de sauvetage. « Notre priorité devrait être donnée au sauvetage des vies et à l'assistance humanitaire de ces personnes », a-t-il insisté à plusieurs reprises.

« Oui, il faut sans doute des actions plus décidées contre les passeurs et les trafiquants, mais il faut aussi des alternatives à ces voyages dangereux, telles que des réinstallations, des réunifications familiales, des visas d'études… », a-t-il dit au Parlement européen. Il a rappelé que plus de 1 800 personnes étaient mortes depuis le début de l'année en Méditerranée, soit 20 fois plus que l'année dernière.

« La moitié des personnes fuient la guerre, les persécutions, les abus et violations des droits de l'homme et ont droit à une protection en tant que réfugiés », a-t-il expliqué. Pour lui, l'UE a un « rôle à jouer, une responsabilité collective d'actions ». Il a aussi rappelé que l'UE, avec une population qui vieillit et un taux de natalité faible, aura besoin de mains-d'oeuvre pour poursuivre sa croissance économique. « Vous aurez besoin de migrants », a-t-il résumé.

Par ailleurs, il a salué la proposition faite le même jour par la Commission européenne sur le mécanisme de relocalisation d'urgence de 40 000 demandeurs d'asile (voir autre nouvelle), considérant qu'il s'agit d'un « pas dans la bonne direction ». Il a appelé les États membres de l'UE à faire preuve de « compassion » lorsqu'ils se pencheront sur cette « proposition importante de partager les responsabilités de réinstallation ». « Le partage des charges équitables permettra à l'UE de faire face à l'augmentation énorme des flux migratoires et permettra de donner l'exemple à d'autres régions du monde », a-t-il expliqué.

Un plan d'action contre le terrorisme

En plus des questions d'immigration, le secrétaire général est aussi revenu sur la prévention de la violence et du terrorisme. Il a annoncé qu'il allait présenter, d'ici la fin de l'année, un plan d'action pour faire face aux défis que posent l'extrémisme violent et le terrorisme. « La violence inexcusable contre les civils est un défi aux valeurs de paix, justice, tolérance et dignité humaine, et la destruction de l'héritage culturel est une menace pour l'humanité », a-t-il rappelé. « Nous devons éviter de faire empirer encore la situation par nos réactions (…) et nous devons réfléchir aux substrats de cette violence », a-t-il ajouté.

Ban Ki-moon est aussi revenu sur la nécessité de « créer un monde durable pour tous ». Selon lui, il y a trois rendez-vous « historiques » en 2015 « pour un monde durable, prospère et équitable ». Ainsi, en juillet, lors de la conférence pour le financement du développement à Addis-Abeba, les pays développés devront montrer l'exemple, selon lui, en donnant des fonds pour lutter contre la pauvreté extrême. Il a aussi appelé les pays de l'OCDE à remplir l'objectif de 0,7% du RNB au titre de l'aide publique au développement. Le deuxième événement aura lieu en septembre quand les pays adopteront l'ordre du jour du développement post-2015. Enfin, en décembre à Paris se tiendra la conférence sur le climat. Il faut « continuer à faire preuve d'ambitions élevées d'ici Paris et après Paris en renforçant les objectifs climatiques d'ici 2020 et être encore plus ambitieux après 2020 », a-t-il appelé. (Camille-Cerise Gessant)

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