Bruxelles, 07/05/2015 (Agence Europe) - L'Union européenne doit en faire davantage pour aider les producteurs de fruits et légumes à unir leurs forces au sein des organisations de producteurs et pour améliorer les mesures en cas de crise.
C'est qu'a estimé la commission de l'agriculture du Parlement européen, mardi 5 mai, en adoptant (37 voix pour et 6 abstentions) le rapport de Nuno Melo (PPE, portugais) sur la mise en oeuvre des dispositions concernant les organisations de producteurs, les fonds opérationnels et les programmes opérationnels dans le secteur des fruits et légumes (dispositions en vigueur depuis la réforme de 2007).
Les eurodéputés estiment que, même s'il y a eu des progrès depuis la réforme de 2007, le degré d'organisation entre producteurs reste faible en moyenne, et largement en dessous de la moyenne de l'UE dans certains pays (surtout les nouveaux États membres). Ils soulignent que ce problème doit être résolu, par exemple, en simplifiant les règles pour inciter davantage les producteurs à adhérer aux organisations de producteurs. Les eurodéputés estiment que le régime des fruits et légumes de l'UE doit encore être amélioré.
La commission de l'agriculture demande une augmentation du soutien aux organisations de producteurs pour fournir des incitations plus fortes à fusionner des organismes existants ou en créer de nouveaux (à la fois aux niveaux national et international). Les députés souhaitent aussi que l'aide pour la mise en place de nouvelles organisations soit mieux contrôlée, pour s'assurer qu'elle va augmenter les revenus des producteurs membres. Il est demandé à la Commission de rétablir les aides de l'Union européenne relatives aux investissements des organisations de producteurs de fruits et légumes nouvellement créées (sans ces aides, les organisations nouvellement créées ont de grandes difficultés à obtenir de l'État une reconnaissance officielle qui est nécessaire pour leur fonctionnement). En outre, il est demandé à la Commission, à l'occasion de la simplification de la PAC, de renforcer davantage l'efficacité des organisations de producteurs dans la concentration de l'offre de production, compte tenu surtout de leur rôle commercial central au sein de la chaîne de fruits et légumes.
Les eurodéputés expriment une nouvelle fois leur vive préoccupation quant au fait qu'actuellement seuls 7,5% des agriculteurs de l'Union ont moins de 35 ans et estiment que la mise en place d'OP (organisations de producteurs) performantes et attrayantes pour les jeunes peut contribuer à inverser cette tendance démographique non viable.
Lutter contre les pratiques déloyales. Les pratiques commerciales déloyales et la pression exercée sur les producteurs de fruits et légumes par les grandes chaînes de distribution empêchent les agriculteurs d'obtenir un revenu décent, estiment les eurodéputés. Ils demandent à la Commission et aux États membres de redoubler d'efforts pour lutter contre ces pratiques déloyales en: - établissant des règles européennes claires sur les bonnes pratiques dans la chaîne d'approvisionnement alimentaire ; - adoptant des mesures visant à promouvoir la commercialisation directe des produits issus des OP ; - encourageant le développement des marchés locaux pour la distribution de fruits et légumes.
De meilleurs outils pour gérer les crises. La commission de l'agriculture souligne que l'application du mécanisme actuel de retrait du marché a révélé quelques limites. Elle juge nécessaire d'améliorer les mesures de gestion de crise en augmentant le pourcentage d'aides financières octroyées par l'Union, en ajustant les plafonds d'aide pour le retrait de produits, en augmentant les volumes éligibles aux mesures de retrait et en améliorant le soutien, en termes de transport et d'emballage, pour la distribution gratuite de fruits et légumes.
En outre, il est demandé à la Commission d'envisager de contribuer aux fonds de mutualisation afin d'offrir aux agriculteurs une meilleure protection lorsque des crises sur le marché provoquent une baisse considérable de leurs revenus. Les eurodéputés relèvent néanmoins que ces fonds ne devront jamais provenir des crédits consacrés à l'agriculture et au développement rural, si la crise survient pour des questions étrangères au secteur, comme dans le cas de l'embargo russe sur les produits agricoles de l'UE. Les eurodéputés demandent aussi que, dans ces circonstances, les mesures de soutien de l'Union se prolongent pendant le temps nécessaire au rétablissement total de la situation normale sur le marché.
La commission agriculture prône, enfin: - des incitations pour élever le niveau de la recherche et de l'innovation dans les organisations de producteurs, pour les aider à devenir plus compétitives et à faire face aux maladies préjudiciables pour l'agriculture européenne ; - d'aider les OP à accroître leurs exportations, par exemple en supprimant les droits de douane et les barrières phytosanitaires de pays tiers (par le biais de négociations commerciales) ; - un renforcement des systèmes d'aide pour la distribution de fruits, de légumes et de lait dans les écoles ; - une rationalisation des contrôles et la mise en oeuvre du principe de proportionnalité en ce qui concerne les sanctions. (Lionel Changeur)