Bruxelles, 09/04/2015 (Agence Europe) - La Grèce et la Hongrie ont officiellement affirmé, mardi 7 avril, leur intérêt pour le projet de nouveau gazoduc turco-russe sous la mer Noire, Turkish Stream.
Mardi à Budapest, les chefs de la diplomatie grecque, Nikos Kotzias, et hongroise, Peter Szijjarto, ont en effet signé, avec leurs homologues de l'Ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM), de Serbie et de Turquie, une déclaration politique affirmant leur soutien au projet Turkish Stream. Dans cette déclaration, relayée par plusieurs médias, les ministres de ces pays expriment « [leur] soutien à la création d'une option commercialement viable de diversification de sources et routes d'approvisionnement pour la livraison du gaz naturel depuis la Turquie à travers [leurs] territoires vers les pays d'Europe centrale et du Sud-Est ». En outre, ils demandent à l'UE de contribuer au financement des infrastructures reliées à ce projet, affirmant que le Turkish Stream « apporterait une contribution significative à la sécurité énergétique globale de l'Europe et devrait de ce fait être une responsabilité commune de l'UE ».
Par ailleurs, lors d'une visite à Moscou, mercredi 8 avril, le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a signifié au président russe, Vladimir Poutine, le voeu de la Grèce de participer au projet Turkish Stream, un projet vu par Athènes comme une route possible pour les livraisons de gaz russe vers le sud de l'Europe.
Invitée par la presse à réagir, jeudi 9 avril, la Commission européenne n'a pas souhaité commenter « les spéculations » sur un éventuel financement russe du projet Turkish Stream en Grèce.
En revanche, l'exécutif européen a indiqué « [avoir] pris bonne note » de la déclaration de Budapest, précisant avoir assisté à cette réunion en tant qu'observateur. « Nous pensons qu'il est crucial de diversifier les sources d'approvisionnement dans cette région », a commenté la porte-parole de la Commission en charge de l'énergie, Anna-Kaisa Itkonen, rappelant que la Commission a mis en place, en février dernier, un groupe de haut niveau pour l'interconnexion gazière de l'Europe centrale et du Sud-Est (CESEC). Réunissant l'Autriche, la Bulgarie, la Croatie, la Grèce, la Hongrie, l'Italie, la Roumanie, la Slovénie et la Slovaquie, le CESEC doit tenir sa deuxième réunion en juin en Croatie, après celle de Sofia en février (EUROPE 11249).
Quant à l'annonce russe de la construction du projet Turkish Stream, « la Commission est en train d'analyser les informations reçues », a expliqué Mme Itkonen. « Nous examinons la faisabilité réglementaire, juridique, technique et financière du projet. Nous nous attendons à ce que toutes les parties respectent les règles de l'UE, notamment pour ce qui est de l'accès au marché et les appels d'offres, et nous considérons que les obligations qui résultent des contrats existants doivent également être remplies », a-t-elle précisé.
Dans la foulée de l'annonce par la Russie, début décembre 2014, de l'abandon du projet de gazoduc South Stream qui devait desservir l'Europe du sud-est en reliant la Russie à la Bulgarie sous la mer Noire, le gazier russe Gazprom et le gazier turc Botas ont conclu un protocole d'accord pour la construction d'un gazoduc alternatif, le Turkish Stream. Le projet de Gazprom étant qu'avec une capacité annuelle envisagée de 63 milliards de m3, le Turkish Stream pourrait fournir 16 milliards de m3 de gaz par an à la Turquie et délivrer à la frontière gréco-turque 47 milliards de m3 de gaz par an destinés au marché européen. (Emmanuel Hagry)