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Bulletin Quotidien Europe N° 11290
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) dÉveloppement

L'UE demeure le premier donateur, selon les chiffres de l'OCDE

Bruxelles, 08/04/2015 (Agence Europe) - Après un pic en 2013, le niveau d'aide publique au développement (APD) des pays de l'OCDE est resté stable en 2014, avec 135,2 milliards de dollars US, mais l'aide bilatérale aux pays les plus pauvres, tombée à 25 milliards de dollars, a baissé de 16%, selon les chiffres préliminaires de l'aide publique au développement en 2014, publiés mercredi 8 avril par l'OCDE en dollars US et convertis en euros par la Commission européenne. Les chiffres définitifs seront publiés en décembre.

Avec 58,2 milliards d'euros alloués collectivement, soit 2,4% de plus que l'année précédente (56,5 milliards en 2013, 55,3 milliards en 2012 et 53,1 milliards en 2011), l'UE maintient son aide à 0,42% de son RNB et conserve, une fois de plus, sa place de premier donateur au monde, ayant contribué à plus de la moitié des flux d'APD mondiaux, selon l'analyse de la Commission européenne. Cette analyse concerne l'ensemble des États membres de l'UE, alors que seuls 19 d'entre eux sont membres de l'OCDE. La somme de 58,2 milliards d'euros inclut l'APD fournie par la Banque européenne d'investissement (BEI). L'APD des seuls États membres de l'UE atteignait l'an dernier 56,1 milliards d'euros (0,41% du RNB), contre 54 milliards d'euros en 2013.

Une APD collective située à 0,42% du RNB, c'est un peu moins que le niveau atteint en 2013 (0,43%), mais ce déclin marginal est à imputer à un changement dans la méthodologie utilisée par la plupart des États membres pour calculer leur RNB, fait valoir la Commission européenne. Sans ce changement, l'UE aurait été collectivement à 0,44% de son RNB, affirme-t-elle, et c'est beaucoup plus que le niveau moyen de l'APD allouée par les autres donateurs, lequel se situe à 0,28% de leur RNB.

Neven Mimica, commissaire européen à la Coopération internationale et au Développement, s'enorgueillit de ce score européen qui permet à l'UE « de conserver sa place de premier donateur en dépit de la situation économique difficile ». Il souligne toutefois que « l'UE est encore loin » de respecter l'engagement qu'elle a pris en 2005 d'allouer 0,7% de son RNB à l'APD à l'horizon 2015 - engagement dont le Conseil européen de juin 2014 a confirmé qu'il demeurait une priorité pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). « 2015 est une année cruciale pour les futurs objectifs de développement durable », souligne-t-il en appelant à la nécessité de reconfirmer cet engagement en tant que contribution décisive à un résultat ambitieux des négociations sur l'après-2015. La troisième conférence onusienne sur le financement du développement, qui se tiendra à Addis-Abeba du 13 au 16 juillet constitue à cet égard une étape clé avant l'assemblée générale des Nations Unies où doivent être adoptés, en septembre, ces futurs objectifs de développement durable post-2015 (EUROPE 11288).

Les performances individuelles des États membres de l'UE varient sensiblement. Quatre États membres ont fait mieux que 0,7% - la Suède (1,10%), le Luxembourg (1,07%,), le Danemark (0, 85%) et le Royaume-Uni (0,71%). Ils étaient déjà champions en 2013.

Quinze États membres ont augmenté leur aide et les plus fortes augmentations du ratio APD/RNB ont été enregistrées par la Croatie (passée de 0,07% à 0,11% de son RNB), la Finlande (de 0,54% à 0,60%), l'Allemagne (de 0,38% à 0,41%), le Luxembourg (de 1% à 1,07%), la Roumanie (de 0,07% à 0,1%) et la Suède (de 1,01% à 1,10%). A contrario, treize États membres affichaient en 2014 un recul de ce ratio, notamment la France (0,36% contre 0,41% en 2013), l'Irlande (0,38% contre 0,46%), les Pays-Bas ( 0,64% contre 0,67%), le Portugal (0,19% contre 0,23%), l'Espagne (0,14% contre 0,17%).

L'augmentation de l'APD en termes nominaux dans quinze pays a totalisé 3,4 milliards, tandis que la baisse enregistrée dans les treize autres totalisait 1,3 milliard d'euros.

Les ONG s'alarment. Aidwatch, l'initiative de surveillance de l'APD européenne lancée par CONCORD - la plus grande fédération d'ONG européennes de développement - déplore que seuls quatre États membres de l'UE respectent leurs promesses . « L'engagement d'aide de l'UE aux pays pauvres est une nouvelle victime de l'austérité. En dépit de quelques exceptions positives, ces chiffres confirment malheureusement que l'UE aura manqué son objectif d'aide en 2015. C'est une claque pour la crédibilité de l'UE », déclare Zuzana Sladkova de CONCORD. L'ONG ONE qui lutte contre l'extrême pauvreté dans le monde, s'alarme de ce que « l'UE n'atteindra pas collectivement son objectif de 0,7% du RNB en 2015 ». Elle estime qu'un « réengagement de l'UE assorti d'un calendrier en mai prochain sera décisif » pour les décisions qui seront prises cette année au niveau international. L'ONG se dit également très préoccupée par la baisse spectaculaire de l'aide bilatérale aux pays les moins avancés « qui traduit un manque d'engagement à éradiquer l'extrême pauvreté d'ici à 2030 », objectif pourtant visé par l'ONU. (Aminata Niang)

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