Bruxelles, 06/01/2015 (Agence Europe) - La Pologne est prête à contribuer directement au Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS) à condition que cette contribution soit neutre du point du Pacte de stabilité et de croissance.
Le FEIS, qui sera créé mi-2015 sous l'égide de la Banque européenne d'investissement dans le cadre du plan européen d'investissement, est « sous financé », si bien que « la contribution à son capital par le secteur public doit être plus élevée », a estimé le ministre polonais des Finances, Mateusz Szczurek, mardi 6 janvier, lors d'une conférence sur l'investissement organisée par le groupe ADLE au Parlement européen. Selon lui, « la meilleure manière de convaincre un État membre de contribuer à effectuer un apport en capital » au FEIS serait de traiter toute contribution publique de manière neutre au regard du Pacte de stabilité et de croissance, à la manière de ce qui se fait déjà pour les contributions nationales au Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds de sauvetage permanent de l'eurozone. Ces contributions augmentent la dette publique d'un pays, mais n'alourdissent pas son déficit public. Si ces conditions sont remplies, alors « oui, la Pologne a l'intention de contribuer au fonds », a déclaré le ministre.
M. Szczurek a également mis en garde contre le risque que le FEIS soit insuffisamment financé en raison d'un manque d'argent public. Une telle situation limiterait le type d'investissements qui pourraient être réalisés, au risque d'éliminer certains gros projets d'infrastructure qui auraient vocation à achever le marché intérieur dans certains secteurs tels que l'énergie ou le transport.
« Nous manquons de presque tout, mais pas d'argent ! », a constaté le commissaire chargé de la l'Investissement, Jyrki Katainen, en présentant le plan d'investissement de la Commission, qui a reçu le feu vert du Conseil européen, fin décembre (EUROPE 11221).
D'après le libéral finlandais, l'investissement repartira en premier lieu si « la confiance » revient et si les « incertitudes politiques » et les « rigidités réglementaires » sont surmontées. À ce titre, il a pointé l'importance de politiques budgétaires « crédibles et responsables » et des « réformes structurelles » (marché du travail, systèmes de santé et de retraites) qui, malgré leur mauvaise réputation, peuvent constituer une alternative aux coupes budgétaires pures et simples à condition de préserver « le modèle social » de l'UE. Il a notamment souhaité que les États membres forment mieux les professionnels de l'éducation et de la formation et facilitent l'investissement dans la recherche et l'investissement. (MB)