Strasbourg, 03/10/2014 (Agence Europe) - L'objectif du rapport dont la Suédoise Marietta de Pourbaix-Lundin (Parti populaire européen) s'est vue confier la charge en 2011 visait à faire barrage à l'extrémisme de droite, à la xénophobie et à l'antisémitisme dans les États membres. Elle a choisi de resserrer son thème et présentait, mercredi 1er octobre, devant l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), un texte intitulé "Faire barrage aux manifestations du néonazisme", ceci « afin de ne pas faire double emploi avec les travaux entrepris notamment par la Commission européenne contre le racisme et l'intolérance (ECRI) » chargées, entre autres, de suivre les problèmes de xénophobie et d'antisémitisme dans tous les États membres du Conseil de l'Europe.
Mais qu'est-ce que le néonazisme ?, s'interroge Marietta de Pourbaix-Lundin en rappelant le « point de repère fondamental et constant » de cette sphère qu'est le national-socialisme historique. « Son objectif - poursuit-elle - est donc l'instauration d'un État dictatorial homogène sur le plan ethnique et excluant la diversité d'opinions et le pluralisme ». « La démocratie est rejetée dans son ensemble par les néonazis qui la qualifient de 'régime d'occupation' », signale par ailleurs le texte, qui rappelle les cibles que sont les étrangers, les migrants, les demandeurs d'asile, les Juifs, les Roms, les homosexuels, les représentants de l'État et, souvent, les journalistes.
Un mouvement identifié, mais plus multiforme qu'auparavant - l'époque du « skinhead typique » est bien révolue - et usant de stratégies de plus en plus sophistiquées, notamment dans l'utilisation d'Internet en tant que plateforme de diffusion, de communication et de coordination à l'échelle mondiale. À noter également l'augmentation importante et récente des effectifs féminins de ces groupes et l'adhésion de familles entières à cette idéologie.
Face à cette menace avérée contre la démocratie, l'APCE a voté, par 129 voix contre 9, une résolution appelant les responsables politiques « à débattre avec les mouvements néonazis et à les démasquer publiquement en remettant en cause, rejetant et condamnant clairement et sans équivoque leur idéologie et rhétorique ».
« Il ne faut ni les ignorer, ni les diaboliser », a déclaré l'APCE avant de mettre en avant une série de « bonnes pratiques » en matière de prévention, d'éducation et d'application de la loi. Sont notamment préconisés: - la mise en place de stratégies transsectorielles en matière sociale, économique et culturelle afin de réduire « les terrains fertiles » ; - la désignation de coordinateurs nationaux chargés de la lutte contre l'extrémisme de droite ; - le financement public d'initiatives et projets émanant de la société civile afin de combattre le néonazisme dans la vie quotidienne (y compris en ligne) ; - le renforcement de l'enseignement de l'histoire du 20ème siècle et de l'éducation à la citoyenneté démocratique dans les écoles ; - la mise en place de procédures de soutien aux victimes, de protection des témoins et d'assistance aux personnes souhaitant quitter les mouvements extrémistes.
Afin de perpétuer la mémoire de l'attaque tragique du 22 juillet 2011 commise par un néonazi sur l'île norvégienne d'Utoya, l'APCE a soutenu l'initiative de jeunes militants visant à faire du 22 juillet la Journée européenne des victimes de crimes de haine. (VL)