Bruxelles, 27/08/2014 (Agence Europe) - Une représentante de la famille social-démocrate européenne à la place de Cathy Ashton au poste de Haut représentant de l'UE et une personnalité des nouveaux pays membres pour succéder à Herman Van Rompuy à la tête du Conseil européen.
C'est cette configuration, et notamment un duo Federica Mogherini/Donald Tusk ou Federica Mogherini/Valdis Dombrovskis, respectivement ministre italienne des Affaires étrangères, Premier ministre polonais et ex-Premier ministre letton, qui était, mercredi 27 août, donnée gagnante par plusieurs médias, à quelques jours du Conseil européen de samedi 30 août, consacré aux nominations.
Alors que l'été n'a pas permis au président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, de progresser sur le casse-tête de la représentation féminine au sein du collège des commissaires, les choses ont visiblement évolué pour les 'top jobs' et les temps seraient redevenus favorables à l'Italienne, qui avait reçu le soutien le 16 juillet dernier de la France et de l'Allemagne. Federica Mogherini, qui disposait sur le papier d'une majorité de pays en sa faveur, n'avait pu remporter tous les suffrages au sein du Conseil européen. En effet, certain pays de l'Est avaient critiqué la proximité supposée de l'Italienne avec le Kremlin. Le crash de l'avion de la Malaysia Airlines fin juillet, attribué aux rebelles pro-russes, et les nouvelles sanctions économiques décidées dans la foulée contre Moscou, n'auraient donc pas fait de tort à Mme Mogherini, qui reprendrait alors la main face à la Bulgare Kristalina Georgieva.
Autre changement de taille survenu pendant l'été et rapporté mercredi 27 août par la presse britannique: le Premier ministre David Cameron, qui n'a eu de cesse ces deux dernières années de critiquer l'arrivée trop massive de migrants européens dans son pays, notamment polonais, soutiendrait aujourd'hui Donald Tusk au poste de M. Van Rompuy. Selon The Guardian du 27 août, M. Cameron compterait en effet sur le Polonais pour contrecarrer le 'fédéralisme' de M. Juncker. La presse britannique rapportait pourtant après le Sommet du 16 juillet que M. Cameron s'était opposé à la candidature de M. Tusk à cette fonction, au motif que cela pourrait empêcher certains projets de réformes de l'UE en lien avec la libre circulation des migrants…
La désignation de l'ancien Premier ministre Letton Valdis Dombrovskis (qui fut un soutien de M. Juncker à la Commission) à la tête du Conseil européen est aussi évoquée. Comme Donald Tusk, il a l'avantage de remplir les critères géographiques et politiques requis pour la fonction, les Vingt-huit s'étant plus ou moins accordés sur l'octroi du poste de Haut représentant à la famille socialiste.
Les chances de Mme Helle Thorning-Schmidt, le Premier ministre danois social-démocrate, à la succession de M. Van Rompuy, pourraient donc dépendre du choix du Haut représentant. Mais les libéraux européens restent aussi en embuscade pour le poste de M. Van Rompuy.
Éviter un Sommet trop long
Selon certaines sources, la désignation de M. Tusk à la présidence du Conseil européen, qui ne s'est pas déclaré candidat, n'est pas forcément des plus évidentes. « M. Tusk a des difficultés avec l'anglais et le français », dit une source diplomatique nationale. Cela pourrait donc poser des problèmes en termes de représentation à l'international. Les préoccupations concernant une ligne éventuellement trop pro-russe de la diplomatie européenne n'ont pas non plus totalement disparu.
Pas de quoi toutefois conduire le Sommet à l'échec. Une certitude dans ce lot de suppositions: l'intention d'Herman Van Rompuy est d'arriver au Sommet avec un ticket de nominations déjà bien préparé et susceptible d'être rapidement approuvé. Le Belge mène d'intenses consultations avec les États membres. L'idée est d'éviter « les longues discussions sur ce sujet », dit une source, d'autant plus que les Vingt-huit auront aussi à discuter de la situation en Ukraine, en Irak et à Gaza. Sans compter les très probables échanges sur la distribution des portefeuilles dans la Commission Juncker. (SP)