Bruxelles, 27/08/2014 (Agence Europe) - La France poursuivra les réformes structurelles et la réduction des déficits publics, a assuré le Premier ministre français, Manuel Valls, mercredi 27 août, lors de l'université d'été du patronat français (MEDEF).
« Il doit y avoir une réduction des déficits publics en Europe et, en particulier, en France. Nous vivons dans notre pays au dessus de nos moyens depuis 40 ans », a déclaré le socialiste français. Il a rappelé l'engagement de la France à économiser 50 milliards d'euros d'ici à 2017, dont 21 milliards dès 2015.
Réitérant les déclarations du président français François Hollande, M. Valls a néanmoins estimé que « le rythme » de la réduction des déficits devait « être adapté à la situation exceptionnelle » à laquelle l'Europe est confrontée. L'économie française a stagné au 1er semestre 2014. Face à cette situation, les autorités françaises ont reconnu que le déficit public dépasserait 4% du PIB en 2014, mettant à mal l'objectif de 3% fixé pour 2015.
Le même jour, la Commission européenne a estimé « important » que le nouveau gouvernement français ait maintenu le cap des réformes. « Il n'y a pas de temps à perdre. Il est urgent que la France, mais pas uniquement, accélère les réformes pour relancer la compétitivité et l'emploi de façon forte et durable », a indiqué le porte-parole du commissaire chargé de l'euro, Jyrki Katainen. Sur la réduction des déficits publics, il a rappelé que la Commission avait estimé au printemps que la France était en train d'accomplir l'effort demandé en termes de réduction du déficit 'structurel', c'est-à-dire sans tenir compte des effets de la conjoncture.
Euro surévalué. Le premier ministre français a apprécié de façon positive les récentes décisions et déclarations de la BCE destinées à lutter contre la faible inflation. Mais, l'euro reste « surévalué » malgré sa dépréciation de 6% par rapport au dollar depuis avril, a-t-il estimé. Face au risque de déflation, la BCE a agi, mais doit « aller plus loin, plus vite », a souligné le dirigeant français.
M. Valls a aussi plaidé pour « un soutien global de la zone euro à la demande intérieure ». Selon lui, « la Commission européenne doit s'engager en faveur des investissements publics et privés ». À ce titre, il a évoqué le paquet de 300 milliards d'euros sur 3 ans annoncé par le futur président de la Commission, Jean-Claude Juncker, qu'il convient désormais de détailler. Et de citer « l'emploi des jeunes, le numérique, l'environnement, les grandes infrastructures » comme pistes à explorer.
Le discours de M. Valls devant le patronat est intervenu au lendemain de l'annonce de la formation du gouvernement français. M. Valls avait présenté, lundi, sa démission en raison d'un profond désaccord au sein du gouvernement sur la politique à suivre, l'ex-ministre de l'Économie, Arnaud Montebourg, dénonçant le dogme de l'austérité économique dicté par l'Europe. Celui-ci a été remplacé au pied levé par Emmanuel Macron, le ministre des Finances, Michel Sapin, gardant son poste. (MB)