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Bulletin Quotidien Europe N° 11094
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) commerce

OMC/Doha, M. Azevêdo veut des résultats d'ici la fin de 2014

Bruxelles, 04/06/2014 (Agence Europe) - Lors de leur réunion de mercredi 4 et jeudi 5 juin sous les auspices de l'UE, les dirigeants des puissances industrielles occidentales du G7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) vont réaffirmer leur engagement en faveur des négociations multilatérales du round de Doha à l'OMC, en soulignant la nécessité de mettre rapidement en oeuvre le « paquet de Bali », ficelé lors de la conférence ministérielle de décembre 2013, de même que de développer un programme de travail pour la suite des négociations. Un programme de travail qui reste immense: les 159 pays membres de l'OMC doivent désormais s'entendre sur les trois dossiers les plus sensibles: l'agriculture, l'accès aux marchés pour les produits industriels et les services. Le directeur général de l'OMC, le Brésilien Roberto Azevêdo, ne relâche pour sa part pas la pression pour obtenir des résultats d'ici la fin de l'année.

À la réunion du Conseil général de l'OMC du 12 mai, M. Azevêdo a demandé aux ambassadeurs des pays membres de se préparer à une période très chargée avant la pause estivale. Le diplomate brésilien a deux priorités. D'une part, il préconise de mettre en oeuvre « le plus rapidement possible » le 'paquet de Bali', un ensemble de dix textes négociés bouclant un accord partiel sur le round de Doha. Le point central de ce mini-accord historique, le premier accord multilatéral depuis la création de l'OMC en 1995, est un accord sur la facilitation des échanges. Cet accord repose sur un ensemble de règles contraignantes pour simplifier et alléger les procédures douanières et ainsi faciliter les flux commerciaux, afin d'injecter jusqu'à 1 000 milliards de dollars de plus dans le système commercial mondial. Le 'paquet de Bali' inclut aussi un « paquet développement » et il remet les pendules à l'heure sur le volet agricole du round de Doha, en incluant notamment une décision sur les stocks publics à des fins de sécurité alimentaire (EUROPE 10980).

L'autre priorité de M. Azevêdo est la mise en place d'un programme de travail pour conclure le round de Doha, ce qui nécessitera de ficeler un accord sur les trois dossiers les plus sensibles des négociations. « Le travail de fond doit à présent débuter. J'ai bon espoir d'aboutir à des résultats d'ici à la pause estivale, en août. Le second semestre devrait être consacré à des questions plus spécifiques, voire aborder d'autres thèmes liés à l'agenda de Doha. Sur ce point, il n'y a pas de calendrier précis, uniquement une date butoir: décembre 2014 », précise le patron de l'OMC, dans un entretien au quotidien suisse Le Temps du 4 juin.

Les pays membres ont en particulier du mal à s'entendre sur la méthode à retenir pour poursuivre les négociations sur le chapitre agricole, qui comprend trois piliers: l'accès au marché, le soutien interne et la concurrence à l'exportation. Ils sont en désaccord sur l'opportunité d'utiliser le 'projet de modalités' élaboré en décembre 2008 (EUROPE 9664), un document de plus de 100 pages qui reprend les formules de réduction des droits à l'importation, du soutien interne et des subventions à l'exportation. Un grand nombre de membres de l'OMC considère ce texte comme la base pour compléter le round sur son volet agricole et ne souhaite pas le modifier au risque d'hypothéquer un éventuel accord. D'autres pays, comme les États-Unis, expriment des doutes à l'égard de cette approche, faisant valoir que la situation de l'agriculture a fortement changé depuis. De son côté, l'UE accepte ce texte comme un document de référence, mais elle juge que ses différents éléments ne permettent pas de dégager de façon égale un compromis aujourd'hui.

M. Azevêdo reste néanmoins confiant d'obtenir des résultats d'ici décembre. « Si nous parvenons à mener à terme une feuille de route préliminaire, les choses devraient s'enchaîner rapidement. Je ne tiens pas à avancer de délai plus précis. Je m'engage simplement à faire en sorte d'accélérer le rythme, en ajustant au besoin certains paramètres de négociations », explique-t-il dans les colonnes du Temps. « Je ne crois pas aux miracles. Mais j'ai foi en le travail accompli. En tant que directeur général, je peux aider à parcourir les derniers mètres de terrain. Mais c'est aux États qu'incombe la responsabilité de jouer le jeu en portant la balle jusque devant la ligne de but », conclut-il. (EH)

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