login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 11067
INSTITUTIONNEL / (ae) pe 2014

L'oeil rivé sur la Commission, M. Verhofstadt mise sur l'intégration

Bruxelles, 25/04/2014 (Agence Europe) - Le libéral Guy Verhofstadt se sent toujours de taille à rassembler une majorité au sein du Parlement européen pour accéder à la présidence de la Commission européenne, même si le groupe ADLE est distancé dans les sondages.

Dans cette course, le troisième challenger a dévoilé son jeu, vendredi 25 avril, et présenté ce que devrait être le programme de la Commission pour les cinq prochaines années. Pour relancer la croissance en Europe, il mise sur une seconde vague d'intégration européenne (financière, énergétique, numérique) afin de s'émanciper des « vieilles recettes » des deux principaux candidats, le socialiste Martin Schulz (allemand) et le conservateur Jean-Claude Juncker (luxembourgeois). Des emprunts obligataires du futur, une communauté énergétique et numérique européenne, la mobilité des travailleurs, ou encore un exécutif fort sont les cartes que M. Verhofstadt met sur la table.

Optimisme du libéral. Le candidat libéral a bien l'intention de succéder à José Manuel Barroso après les élections du 25 mai prochain. « On a une chance », reste-t-il convaincu, en concédant toutefois que son groupe devra « gagner plus de sièges » au Parlement européen. Il balaie catégoriquement l'éventualité de militer pour le siège de président du Parlement européen, pourtant plus opportune aux yeux de certains observateurs. Guy Verhofstadt a en outre déclaré que son compatriote Herman Van Rompuy, à la tête du Conseil européen, s'était trompé en pronostiquant que la présidence de la Commission resterait le fruit de négociations entre chefs d'États (EUROPE 11064). Le libéral clame toujours haut et fort que sera présidentiable uniquement un des candidats en lice et que, sans majorité au Parlement européen, « il n'y aura personne à la tête de la Commission ».

Intégration comme principal mot d'ordre. Derrière un titre de programme sibyllin, 'utiliser le dividende européen pour sortir de la crise', se cache un plan d'action faisant la part belle à l'intégration européenne, misant sur le renforcement du marché intérieur, au motif que sa création dans les années 90 avait dopé la croissance européenne. Pour le candidat libéral, les maux européens sont principalement attribuables à l'explosion des dettes publiques nationales. Or, il schématise en disant que les socialistes veulent gonfler davantage ces dettes pour répondre à la crise et que les conservateurs jugent que la crise est finie et que toutes les nouvelles réformes sont inutiles. « Mon plan est clair et différent, il faut franchir un pas décisif vers l'intégration européenne, comme moteur de la reprise », se positionne le challenger. « Trop de dette et trop peu d'intégration politique sont une mauvaise combinaison », résume-t-il encore. Toutefois, pour rassurer les Britanniques, il dit viser « plus de politiques communes et moins de régulation ».

Réparer l'économie en priorité. C'est sur cette intégration qu'insiste le premier pilier de son programme, 'réparer l'économie'. Le libéral souhaite accélérer l'Union bancaire, pour restaurer les transactions des banques vers l'économie et unifier les marchés des capitaux, pour que l'obtention de liquidités puisse se faire sans barrières dans toute l'Union. Il prévoit aussi le lancement d'emprunts obligataires du futur (Future Bonds) pour financer à large échelle les infrastructures notamment, en faisant appel à des fonds de pension par exemple (à ne pas confondre avec les emprunts obligataires pour projet - qu'il qualifie de 'monstre du Lochness'). Il prône aussi de créer une communauté européenne de l'énergie, forte de réseaux énergétiques et d'un marché unique de l'énergie. Il s'agit bien sûr de stopper la dépendance de l'UE à l'égard des importations et de rendre le continent plus compétitif, notamment « contre les Américains ». Idem pour le marché numérique, trop national encore à son goût. Guy Verhofstadt prône également plus de mobilité des travailleurs (2,5% contre 10% aux États-Unis), ce qui pourrait résoudre aussi la question du chômage, alors que quatre millions de postes sont non pourvus en Europe à ce jour. Il propose une stratégie de promotion de la mobilité avec la constitution d'un fonds de deux milliards d'euros. Ce fond offrirait une allocation de six mois aux demandeurs d'emplois expatriés, à hauteur de ce qu'ils pourraient prétendre dans leur pays d'origine. De quoi aussi couper court aux critiques relatives au « welfare tourisme ». Il n'a pas évoqué le problème du chômage des jeunes, pourtant bien présent dans la campagne de ses opposants.

Enfin, ce même pilier prévoit un nouveau modèle de gouvernance économique. M. Verhofstadt promet de se battre bec et ongles contre les arrangements contractuels proposés par la Commission, favorisant plutôt la « convergence ». « Bruxelles qui décide, il n'y a pas de meilleur moyen de tuer l'Europe », lance-t-il à ce sujet.

Immigration légale. Un pilier propre aux droits fondamentaux propose d'établir une protection de la vie privée « digne du 21ème siècle », avec « le droit d'être oublié » et la confidentialité par défaut. M. Verhofstadt promet en outre une politique commune d'immigration, avec un modèle d'immigration légale inspiré du Canada ou de l'Australie, soit « la meilleure façon de lutter contre l'immigration illégale et le trafic des êtres humains », table le libéral.

Commission forte et siège unique. Sur le volet institutionnel, M. Verhofstadt souhaite que la Commission utilise pleinement son droit d'initiative et suggère que les 28 portefeuilles des commissaires s'organisent en quatre clusters (économie/finance, énergie/climat/environnement, droits fondamentaux, affaires étrangères). Il souhaite aussi qu'une décision soit prise à propos du siège unique du Parlement européen, dans les cinq prochaines années. (MD)

Sommaire

ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
INSTITUTIONNEL
POLITIQUES SECTORIELLES
ACTION EXTÉRIEURE
CALENDRIER