Bruxelles, 25/04/2014 (Agence Europe) - Comme l'a demandé le Parlement européen dans une résolution adoptée le 17 avril, la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) et le Comité vietnamien des droits de l'homme (VCHR) veulent l'inclusion d'une clause de sauvegarde sur les droits de l'homme dans le futur accord de libre-échange entre l'UE et le Vietnam, qui pourrait voir le jour d'ici à la fin de l'année.
La requête formulée par les écologistes (Verts/ALE) et l'extrême gauche (GUE/NGL) au Parlement européen, prise en compte par ce dernier la semaine dernière et demandant de conditionner le futur accord à des progrès concrets sur les droits de l'homme et de prévoir une clause de suspension en cas de graves violations, est « une victoire importante pour les droits humains, mais partielle », jugent les deux organisations.
« Sans les garanties de la liberté d'expression et de la liberté des médias, sans le droit de former des syndicats indépendants et des organisations de la société civile, le libre-échange entre l'UE et l'État à parti unique du Vietnam nuiront seulement au peuple vietnamien et porteront préjudice au développement durable », préviennent-ils. Le Vietnam détient plus de 200 prisonniers politiques - le plus grand nombre en Asie du Sud-Est, dont beaucoup ont été arrêtés et emprisonnés pour avoir promu les droits fonciers et les droits environnementaux et s'être opposés à des projets dits « de développement », qui ont un impact négatif sur les communautés locales.
Comme l'y invite le Parlement, la Commission devrait procéder à une évaluation de l'impact de l'accord sur les droits de l'homme au Vietnam en conformité avec les principes directeurs du Rapporteur spécial de l'ONU sur le droit à l'alimentation, stipulent la FIDH et le VCHR, soulignant que cette évaluation, à réaliser avant la conclusion de l'accord, devrait être conduite par un organisme indépendant et que son but devrait être « d'atténuer l'impact potentiellement négatif des politiques commerciales et d'investissement sur l'homme ».
Les deux ONG déplorent en revanche que des mesures importantes proposées par les écologistes et l'extrême gauche au Parlement européen n'aient pas été adoptées, comme l'interdiction d'un mécanisme de règlement des différends investisseur-État (ISDS) et l'introduction d'une clause garantissant que la protection des investissements n'a pas préséance sur les obligations des États en matière de droits de l'homme. (EH)