Bruxelles, 25/04/2014 (Agence Europe) - Jean-Claude Juncker a obtenu un soutien total, vendredi 25 avril, de la part du Premier ministre polonais, Donald Tusk. La réciprocité a été de mise, puisque le chef de file du groupe PPE pour les élections européennes du 25 mai a appuyé l'idée défendue par le gouvernement polonais de mettre en place une union de l'énergie pour négocier des contrats de gaz conjoints avec la Russie (EUROPE 11065).
Dans son intervention lors du sommet des leaders politiques locaux et régionaux du PPE, qui s'est tenu à Poznan (Pologne), M. Juncker n'a eu que des éloges à l'égard de l'actuel chef du gouvernement polonais, tout comme il a affiché une confiance guère entachée par des doutes en sa propre victoire. Il a ainsi assuré que la prochaine fois qu'il reviendra en Pologne, ce sera « en tant que président de la Commission ». La raison en est simple: « Le PPE est le parti européen le plus fort et nous allons gagner ces élections », a-t-il lancé à un public conquis d'avance.
Ce public a été naturellement le premier destinataire du résumé de son programme de candidat. Ainsi, il n'est pas question, a-t-il assuré, qu'une Commission sous sa présidence mette les leaders politiques et régionaux au chômage technique, puisqu'il « veut une UE qui assume la responsabilité seulement dans des domaines où elle peut véritablement améliorer nos vies ». « Tous les autres domaines politiques devraient être laissés » aux instances nationales, régionales et locales, a-t-il dit, en ne donnant pas plus de précision qu'une distinction entre « les besoins d'aujourd'hui et de demain, et les besoins du passé » des citoyens. Cela ne veut toutefois pas dire que ces leaders seront écartés de la scène politique européenne. Il s'agit, au contraire, de les impliquer davantage, en renforçant le rôle du Comité des régions (CdR), a-t-il proposé.
Sur les questions économiques, son intervention a principalement consisté à assumer l'héritage de l'approche européenne de ces dernières années envers la crise financière et économique. « Les gouvernements du PPE sortent un par un les pays européens de la crise », ce qui ne fait que démontrer que « les recettes économiques du PPE portent leurs fruits » avec une dose adéquate de « solidarité », a-t-il jugé. Cela est tout aussi vrai pour l'Irlande, que pour le Portugal ou l'Espagne, sans oublier la Grèce, a-t-il énuméré. L'essentiel, pour lui, est de « regagner la confiance des investisseurs », en misant sur les « sociétés privées, les PME, les entreprises familiales, les entrepreneurs dans les régions et les villes de l'Europe ».
L'UE n'est cependant pas dépourvue de moyens d'action pour favoriser la croissance. Et c'est la politique de cohésion qui joue ici un rôle clé, a-t-il estimé. Mais, si celle-ci doit reconnaître les différences entre les pays et les régions, elle doit être, selon lui, « dirigée dans le but d'accroître la compétitivité (et) de faire de l'Europe l'endroit le plus attractif pour investir ». Il a ajouté que cet « endroit » devrait être tout autant attractif pour les jeunes. Pour cela, « la Commission européenne, sous ma direction, va donner plus de soutien aux jeunes entrepreneurs. Nous allons créer et étendre les programmes visant à faciliter l'échange de bonnes pratiques entre les régions de l'Europe (et) nous allons encourager les jeunes Européens à apporter leurs idées sur le marché ».
L'inquiétude que suscitent, particulièrement en Pologne, la situation en Ukraine et les agissements de la Fédération de Russie a incité M. Juncker à ne pas passer sous silence ce sujet. Alors que M. Tusk ne cesse de rappeler depuis le début de l'année que l'UE n'est en aucun cas prête « au pire des scénarios », le candidat du PPE a plaidé à Poznan pour une UE qui soit capable d'exécuter ses menaces de sanctions au-delà du seul ciblage d'individus. « Nous devons intensifier - si la Russie ne change pas son comportement - le niveau de nos sanctions et étendre leur champ d'application, y compris en coupant les circuits financiers de et vers la Russie », a-t-il dit, en ajoutant ensuite que l'UE doit, en même temps, « fournir un soutien financier à l'Ukraine ».
Les deux hommes ont affiché une entente presque parfaite au cours d'une conférence de presse conjointe, en marge du sommet. L'un est à la tête du seul pays européen qui a su éviter la récession et l'autre est le plus expérimenté des hommes politiques sur la scène européenne et le meilleur candidat pour le poste de président de la Commission, ont-ils estimé, se décrivant mutuellement, selon les médias polonais. (JK)