Bruxelles, 24/04/2014 (Agence Europe) - La crise ukrainienne, son impact sur l'approvisionnement en gaz russe et la nécessité pour l'UE de diversifier son approvisionnement suscitent une multiplication de réunions diplomatiques au plus haut niveau. Pendant que l'UE, la Russie et l'Ukraine cherchaient toujours une date pour leurs consultations sur le différend gazier entre Moscou et Kiev, le commissaire Oettinger était à Bratislava, jeudi 24 mars, pour une réunion ministérielle avec la Slovaquie et l'Ukraine consacrée aux flux inversés. À Paris, le président Hollande a rejoint la proposition du Premier ministre polonais, Donald Tusk, d'une communauté européenne de l'énergie, afin de s'émanciper de l'emprise russe.
Consultations trilatérales. La Commission a annoncé jeudi qu'aucun accord n'avait encore été trouvé sur la date et le lieu pour les consultations trilatérales entre l'UE, la Russie et l'Ukraine consacrées à la sécurité de l'acheminement des achats de gaz russe par l'UE. La Russie a proposé d'organiser cette réunion le 28 avril à Moscou, mais cette solution n'a pas été retenue, confirmait Sabine Berger, porte-parole du commissaire à l'Énergie, Gunther Oettinger, alors que nous mettions sous presse.
La Commission a accepté la semaine dernière de mener des discussions avec Moscou et Kiev sur la sécurité des approvisionnements en gaz, à la demande du président russe, Vladimir Poutine. Le 10 avril, M. Poutine avait menacé de cesser de livrer du gaz à l'Ukraine, si Kiev ne réglait pas sa dette, laissant planer le risque d'une nouvelle guerre du gaz et mettant en danger l'approvisionnement de l'UE. Depuis, M.Poutine a donné un mois à Kiev pour régler son différend avec Moscou, sous peine de passer à un système de prépaiement des livraisons. L'Ukraine assure le transit de 65 des 133 milliards de mètres cubes de gaz russe achetés par les États membres de l'UE, soit 25% de la consommation de cette dernière.
Flux inversés Slovaquie/Ukraine. À l'heure où nous mettions sous presse, la rencontre à Bratislava entre le commissaire Oettinger, le ministre ukrainien de l'Énergie, Iouri Prodan, et le ministre slovaque de l'Économie, Tomas Malatinsky, sur la possibilité d'inversion des flux gaziers entre la Slovaquie et l'Ukraine s'achevait à peine. La réunion visait à préparer le protocole d'accord à cet effet. Un tel arrangement permettrait de fournir à l'Ukraine jusqu'à 8 milliards de mètres cubes via la Slovaquie d'ici la fin de l'année. Du gaz pourrait également être mis à disposition de l'Ukraine via les réseaux de gazoducs hongrois et polonais.
Initiative franco-polonaise pour une union de l'énergie. Le président français, François Hollande, et le Premier ministre polonais, Donald Tusk, ont présenté jeudi une initiative commune pour la création d'une 'communauté européenne de l'énergie', qui sera discutée lors du sommet européen de juin. L'objectif est de rendre l'Europe « plus indépendante, plus cohérente, plus solidaire dans sa politique énergétique », a souligné le président Hollande. La France et la Pologne se retrouvent sur les six propositions dévoilées par le chef du gouvernement polonais, dans une tribune au Financial Times du 22 avril (EUROPE 11065), avec l'intention de « convaincre l'ensemble des pays membres de l'UE d'aller dans la direction » de l'union de l'énergie prônée par M. Tusk. « Un beau projet », a insisté le président français. Selon M. Tusk, le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a « exprimé son soutien » à cette proposition franco-polonaise, tandis que la Commission travaille sur des propositions sur la sécurité énergétique en vue du sommet de juin. (EH)