Bruxelles, 24/04/2014 (Agence Europe) - La réunion informelle des ministres de la Santé, qui se tiendra les 28 et 29 avril à Athènes, se focalisera sur deux thèmes centraux, qui relaient des préoccupations communes aux 28 États membres de l'UE dans le domaine de la santé. D'une part, les effets de la crise économique sur les soins de santé et, d'autre part, les défis de l'immigration sur les systèmes de santé.
La crise économique a affecté et affecte toujours les pays européens, certains d'entre eux étant plus durement touchés que d'autres. Elle met sous pression les systèmes de soins de santé, obligeant les États membres, en particulier les plus touchés par la récession, à prendre des mesures d'austérité avec, comme conséquences, une compression des coûts et une réduction des budgets de soins de santé. Et ceci dans un contexte de chômage élevé, de vieillissement de la population, d'augmentation de certaines maladies comme les maladies chroniques et de multi-morbidité, qui accentuent la pression. Cette situation exige une accélération des réformes pour des systèmes plus efficients et moins coûteux, nécessitant pour ce faire une analyse détaillée des problèmes existants ainsi qu'une évaluation des actions qui devraient être envisagées pour y remédier. Les ministres européens de la Santé sont invités à réfléchir aux actions les plus efficaces qu'il faudrait mettre en oeuvre pour assurer la résilience de leur système de santé, afin de les rendre rapidement opérationnels et anticipatifs par rapport aux besoins présents et futurs de la société (traitements contre les maladies neurodégénératives, par exemple, appelées à augmenter avec le vieillissement de la population). Ils se pencheront également sur la nécessité d'ériger des systèmes plus égalitaires et accessibles à tous et de déterminer quels services doivent absolument être préservés des restrictions budgétaires. L'ensemble de la réflexion sera mené dans un objectif de partage et d'échange de bonnes pratiques.
Les flux migratoires en Europe posent des problèmes supplémentaires aux autorités publiques. Si l'augmentation de l'immigration n'est pas un phénomène neuf, les flux migratoires sont devenus plus complexes à canaliser, avec des groupes ethniques plus hétérogènes, dont les besoins en matière de santé peuvent différer fortement. Les populations immigrées sont, par ailleurs, davantage exposées à la pauvreté et à la précarité, accentuant la pression sur les systèmes de santé. Les implications de ce phénomène ne devraient pas être sous-estimées et ne concernent pas seulement la Grèce, souligne la présidence grecque. En mettant ce sujet à l'ordre du jour de la réunion ministérielle, celle-ci désire favoriser la discussion et la coopération entre les États membres en vue de lutter contre ce problème commun de santé publique, qui met également en évidence, de manière plus générale, les inégalités en matière de soins de santé, plus accessibles pour les groupes économiquement et socialement plus favorisés. Les ministres de la Santé débattront de la nécessité d'établir des bases de données précises sur leur population immigrée et de l'utilité d'établir des statistiques d'envergure européenne qui permettront une évaluation précise de la situation dans l'UE et dans chaque État membre. Ceci, afin de déterminer les actions prioritaires qu'il faudra envisager, par exemple, pour lutter contre les maladies infectieuses répandues dans certaines régions du monde et importées avec les flux migratoires. Ils analyseront également les actions supplémentaires qui pourraient être envisagées au niveau de l'Union européenne pour renforcer les services sanitaires publics des pays de l'UE les plus exposés aux flux migratoires.
La présidence grecque évoquera également, à l'occasion de la réunion ministérielle, les effets bénéfiques de la santé en ligne pour les patients, les systèmes de santé et la société en général. Le développement des services électroniques de santé peut contribuer à la croissance et à la compétitivité, tout en réduisant les coûts des soins de santé, en assurant, par la même occasion, la viabilité des systèmes de santé et en préservant la qualité et la sécurité des services au niveau souhaité, souligne la présidence. (IL)