Bruxelles, 24/04/2014 (Agence Europe) - La France et la Belgique ont annoncé, mardi 22 avril, le renforcement de leur coopération concernant les jihadistes français et belges qui se rendent en Syrie.
Ainsi, une rencontre entre des diplomates français et belges sera organisée « sous peu » pour échanger des informations concernant les ressortissants des deux pays partis faire le jihad en Syrie, a annoncé le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders. « Nous allons échanger des informations pour identifier et trouver les personnes qui se rendent en Syrie », a-t-il expliqué. Il a précisé que s'il était établi que des ressortissants belges sont impliqués dans des enlèvements ou des actions contre du personnel humanitaire ou des journalistes en Syrie, ils seraient poursuivis en justice en Belgique.
La France a aussi présenté, mercredi 23 avril, les principales mesures du plan du gouvernement pour lutter contre les filières jihadistes vers la Syrie. Ce plan comporte une dizaine de mesures. Parmi elles, la création d'un numéro vert et la mise en place d'une plate-forme de signalement sur Internet à destination des familles qui constatent que leurs enfants est 'en rupture'. La France souhaite faire en sorte que ceux qui peuvent partir ne partent pas. À cet effet, pour les mineurs, les parents pourront s'opposer préalablement à un départ de leur enfant vers la Syrie ou un pays frontalier. Il en est de même d'ailleurs pour les majeurs: la France indiquera dans le système d'information Schengen l'identité des personnes qui sont susceptibles de partir, de manière à ce qu'elles soient arrêtées à la frontière, ou dès lors qu'elles prennent un moyen de transport les acheminant vers la Syrie. Autres mesures notables: la privation de passeports de jihadistes avérés, la possibilité d'expulser des étrangers impliqués dans des filières jihadistes ou encore le gel des avoirs des microfilières. La France souhaite aussi développer des cyberpatrouilles afin d'intensifier la surveillance sur Internet. Ces décisions ont été prises après les témoignages des quatre journalistes français libérés le 19 avril.
La Commission européenne a souligné à EUROPE qu'elle n'avait pas de commentaires particuliers à faire sur ce plan français. Elle a rappelé qu'elle avait présenté, le 15 janvier dernier, une communication contenant dix recommandations visant à aider les États membres à prévenir les processus de radicalisation (EUROPE 10997). La Commission avait alors proposé de « renforcer l'action de l'UE face à la radicalisation et à l'extrémisme violent ». Les activités liées au terrorisme et à l'extrémisme violent ont évolué et constituent une « menace croissante au sein de l'Union européenne », selon la Commisison. Plus de 2 000 Européens combattraient actuellement en Syrie. Lors de la présentation de sa communication, la commissaire européenne Cecilia Malmström avait estimé que « ces combattants peuvent constituer une menace pour l'UE lors de leur retour ». (CG)