Organisations criminelles. Chiffres et statistiques parlent clair. Il n'y a pas si longtemps, l'Europe représentait une immense partie de la richesse et de la puissance universelles: les guerres définies mondiales se déroulaient sur ses terres ; pour ce qui concerne le second conflit, le territoire russe était directement impliqué ; la conférence de Yalta était une réunion à trois (un Européen, un Américain, un Russe), pour décider l'organisation du monde. Aujourd'hui, l'Europe ne représente qu'une entité relativement modeste parmi des dizaines d'autres, les pays des autres continents ont méritoirement acquis autonomie et puissance, ils maitrisent leurs territoires et leurs ressources et ils déterminent leur avenir.
Et pourtant, on continue à considérer comme normal que l'Union européenne, économiquement en difficulté et territoire peu étendu face à certains colosses, soit le premier donateur financier à l'égard des autres continents et accueille des milliers d'immigrés clandestins en provenance d'Afrique et d'une partie de l'Asie. Bien entendu, les devoirs de solidarité humaine existent ; mais les organisations criminelles qui orchestrent l'abandon de femmes et enfants dans la Méditerranée sont intolérables. Angelino Alfano, ministre italien de l'Intérieur, a expliqué début avril, lors d'une conférence à Palerme, que le trafic humain en provenance d'Afrique serait organisé par 500 bandes criminelles prêtes à faire traverser la Méditerranée jusqu'à 600.000 désespérés.
Au détriment des jeunes européens ? Certaines pseudo-organisations démagogiques prétendent que l'UE doit transformer en dons la totalité des financements aux pays définis abusivement du tiers-monde. Un certain Renaud Vivien, qui se présente comme membre du Comité pour l'annulation de la dette du tiers-monde (CADTM) a obtenu que Le Soir (quotidien belge) publie son texte réclamant que les financements prévus ou déjà effectués en faveur de la Tunisie et de l'Ukraine aient la nature de dons et en aucun cas de prêts. Mesure qui devrait être imposée aussi aux aides fournies par le FMI ! Or, parallèlement à l'argent prêté, l'UE fait déjà des dons financiers à la Tunisie, à l'Ukraine et à beaucoup d'autres pays plus ou moins pauvres ; faire davantage signifierait augmenter le poids des dettes de l'UE, déjà excessif. Au détriment surtout des jeunes européens, qui devront, un jour, y faire face ! Qu'il est simple d'être généreux au détriment d'autrui, de laisser les dettes en héritage aux jeunes, alors que l'UE est le premier donateur mondial d'aides au tiers-monde, qui, de toute façon, n'inclut pas la Tunisie et l'Ukraine.
Discipline du monde de la finance. Troisième aspect à prendre en considération: l'UE a transformé radicalement, et continue à y travailler, sa gestion du monde financier, avec responsabilités et disciplines hier inexistantes. Notre EUROPE/Documents 2581 y a consacré une enquête de notre rédacteur en chef adjoint, Mathieu Bion, qui expose avec brio informations et clarifications. Je rappelle que le résultat sera une véritable Union bancaire européenne qui se répercutera sur la vie des citoyens, car elle comportera un système uniforme de protection des épargnants contre les faillites bancaires.
Feu vert pour le «Made in EU». Quatrième aspect, le plus compliqué à définir: les produits européens de consommation seront reconnaissables grâce à l'indication made in EU. Beaucoup avait déjà été fait en ce sens dans les domaines alimentaire et pharmaceutique ; le Parlement européen se bat pour que le système soit généralisé. L'indication made in EU ne serait en elle-même pas obligatoire, les mentions nationales qui déjà existent (Made in France, in Italy ou autres) sont souvent valorisantes, il n'est pas question de les supprimer. S'y ajouterait la formule générique Made in EU et l'une ou l'autre formule à définir deviendra obligatoire pour meubles, chaussures et d'autres produits.
Ce qui déjà existe ne sera donc pas remis en cause. L'aspect contesté est le passage du système volontaire à un système obligatoire. De nombreuses modalités doivent être fixées. Par exemple: un produit composé de pièces fabriquées en Allemagne, mais assemblé dans un pays tiers, aura-t-il le droit à la formule Made in EU ou Made in Germany ? Et quid pour un produit complexe comprenant des parties non-européennes ? Par exemple, un pantalon assemblé dans un État membre, avec un tissu asiatique et des fermetures Éclair américaines, pourrait-il être étiqueté Made in EU ? On le voit, ce dossier est complexe, il prendra des années, à cause aussi de la question des sanctions. Des accords partiels existeront bien évidemment plus tôt.
Pour une vue d'ensemble. Tous ces aspects doivent être pris en considération. Des abus, parfois ignobles, au détriment de l'Europe doivent être corrigés. C'est la condition pour que l'UE puisse maîtriser son avenir et contribuer en même temps au développement d'autres pays et d'autres continents.
(FR)