Bruxelles, 29/08/2013 (Agence Europe) - Si tous les projecteurs sont actuellement braqués sur la crise humanitaire en Syrie, il convient de mobiliser aussi l'attention de l'UE et de la communauté internationale sur la gravité de la situation en République centrafricaine, une crise « oubliée », ont souligné de concert les eurodéputés de la commission du développement du Parlement européen que préside Eva Joly (Verts/ALE, France) et Jean-Louis de Brouwer, directeur d'ECHO (le service d'aide humanitaire et de protection civile de la Commission), mercredi 28 août à Bruxelles. C'est à dessein que l'échange de vues sur ces deux crises a eu lieu le même jour.
« D'un côté nous avons la crise syrienne la plus importante de toute la décennie et de l'autre une crise humanitaire tout aussi aiguë pour l'intégralité de la population centrafricaine. 4, 6 millions de personnes sont dans le besoin, or personne n'en parle. Il y a une disproportion de perception et de moyens. Les gens souffrent, qu'ils soient sous les projecteurs ou non », a souligné M. de Brouwer, évoquant un « pays dans un état de déréliction complète à laquelle s'est ajoutée l'instabilité politique à cause de l'insécurité dans tout le pays » - insécurité pour la population locale et les acteurs humanitaires. 260 000 déplacés sont en besoin dramatique d'abris, 55 000 réfugiés en situation précaire, les fermiers n'ont plus accès à leurs champs, les éleveurs sont victimes du vol de leur bétail, les petits commerçants du pillage de leurs stocks, les travailleurs journaliers sont privés de possibilité de travail, tous les secteurs sont en besoin d'alimentation, l'épidémie de malaria est plus grave que les années précédentes alors que les stocks médicaux sont pillés, l'accès à l'eau potable et aux structures d'assainissement est inexistant. « « Il faudrait réinjecter du cash dans l'économie locale, mais ce serait une prime au pillage. La situation aujourd'hui est inextricable à moins d'une mobilisation internationale », estime le directeur d'ECHO, raison pour laquelle Kristalina Georgieva, commissaire européenne à la Coopération internationale, l'Aide humanitaire et la Réponse aux crises, et Valérie Amos, responsable de la coordination humanitaire à l'ONU, s'y sont rendues en juillet pour une campagne de sensibilisation. Tandis que 8 millions d'euros avaient été mobilisés par l'UE en 2012, cette année, 20 millions d'euros ont jusqu'ici été engagés - loin du demi-milliard d'euros pour la crise syrienne. (AN)