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Bulletin Quotidien Europe N° 10910
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) syrie

Les Européens divisés quant à une intervention

Bruxelles, 29/08/2013 (Agence Europe) - Alors que les ambassadeurs européens se réunissent en réunion ordinaire le 30 août pour discuter, entre autres, de la Syrie, les Européens, s'ils condamnent tous l'attaque du 21 août, sont eux aussi divisés quant à une intervention militaire, surtout sans l'aval de l'ONU. En outre, « certaines décisions ne peuvent être prises que par les États membres », a rappelé Sébastien Brabant, le porte-parole de la Haute représentante de l'UE, Catherine Ashton, le 28 août. La prochaine rencontre des ministres des Affaires étrangères est prévue à Vilnius, les 6 et 7 septembre.

La France, qui vient d'envoyer un navire militaire dans la zone, et le Royaume-Uni, qui a déployé six avions de chasse de l'armée britannique à Chypre, « par précaution pour protéger les intérêts britanniques », sont prêts à intervenir sans l'accord de l'ONU. Mais la majorité des pays de l'UE souhaitent l'aval du Conseil de sécurité de l'ONU, pour l'instant impossible. L'Italie a prévenu qu'elle ne participerait pas à une opération sans cet aval. La Belgique attend des preuves avant de réfléchir à un engagement et souhaiterait l'aval de l'UNSC. La Pologne a déjà prévenu qu'elle n'interviendra pas. Mais la plupart des pays européens n'ont pas encore fait publiquement part de leur participation à une éventuelle intervention.

Britanniques, Français et Américains tergiversent néanmoins

Le Premier ministre britannique, David Cameron, a fait, le 28 août, un pas en arrière et est revenu sur une intervention imminente, en raison des réticences de son opposition et de membres de son propre parti. Ainsi, le Royaume-Uni va-t-il attendre le rapport des inspecteurs des Nations unies avant toute décision sur une action militaire en Syrie. La mission des enquêteurs se poursuit jusqu'au 31 août, et son rapport, qui ne déterminera pas le responsable de l'attaque, ne devrait pas être connu avant le début de la semaine prochaine.

L'implication britannique nécessiterait un vote du parlement, qui n'interviendrait sans doute pas avant la reprise des sessions ordinaires le 3 septembre. Réuni en session extraordinaire le 29 août, le parlement devait voter sur une motion portant sur la condamnation de « l'usage d'armes chimiques en Syrie le 21 août 2013 par le régime d'Assad » et qui « convient qu'une réponse humanitaire forte est requise de la part de la communauté internationale, impliquant si nécessaire une action militaire qui soit légale, proportionnée et destinée à sauver des vies en empêchant tout usage futur d'armes chimiques en Syrie ».

La motion précise qu'il est nécessaire « en dépit des difficultés (…) de pousser le plus loin possible le processus à l'ONU pour garantir le maximum de légitimité à toute action ». Londres a d'ailleurs présenté une résolution au Conseil de sécurité, résolution qui condamne l'attaque à l'arme chimique par Assad et autorise les mesures nécessaires pour protéger la population, laquelle semble vouée à l'échec. Selon la ligne officielle du gouvernement britannique, si « l'action du Conseil de sécurité est bloquée, le Royaume-Uni serait toujours autorisé en vertu du droit international à prendre des mesures exceptionnelles afin d'atténuer l'ampleur de la catastrophe humanitaire écrasante en Syrie en dissuadant et en perturbant l'utilisation ultérieure d'armes chimiques par le régime syrien ».

Le président français, François Hollande, a décidé quant à lui de convoquer les députés français le 4 septembre pour « apprécier la situation ». Il a indiqué à ses ministres, le 28 août, que « nous (devons) désormais trouver la riposte appropriée » aux attaques chimiques. Cette convocation « ne préjuge aucunement de la décision qui sera prise par les autorités françaises, en lien avec leurs partenaires, sur la riposte appropriée à ce qui se passe en Syrie », a prévenu la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem. Le président n'a pas besoin de l'autorisation de son parlement pour lancer une action militaire.

Le président américain, Barack Obama, qui s'entretenait le 29 août avec le Congrès de la Syrie, a précisé la veille ne pas encore avoir pris de décision sur une action. « L'idée sous-jacente à la réaction des États-Unis serait que le gouvernement syrien reçoive un message assez fort sur le fait qu'il ferait mieux de ne pas recommencer ». (CG)