Bruxelles, 28/08/2013 (Agence Europe) - Plusieurs députés européens ont mis en garde, depuis le 26 août, contre une intervention militaire, en particulier sans l'accord des Nations unies. « Non à l'intervention précipitée et unilatérale en Syrie, la communauté internationale doit agir ensemble et sur ??la base des résultats du rapport de l'ONU », a lancé le président du Parlement européen, Martin Schulz, sur twitter. Souhaitant que les preuves de l'attaque soient publiées et rappelant que l'utilisation d'armes chimiques est « inacceptable », le président de la commission parlementaire des Affaires étrangères, Elmar Brok (PPE, Allemagne) a précisé qu'une action sans l'accord de l'ONU manquerait de clarté légale. Et d'ajouter: « Qu'il y ait ou non des frappes, il faut une solution politique. »
« Avant même d'avoir commencé, l'intervention en Syrie n'est déjà plus un bourbier mais un merdier. Car du point de vue de la légalité internationale, une intervention qui se passerait de l'ONU est fragile », a rappelé Véronique De Keyser (S&D, Belgique). « Intervenir dans ce pays sans un soutien populaire massif est hasardeux. Intervenir et mettre le feu à la région, dans un contexte de quasi-guerre froide, alors que la Russie y est engagée, est une folie », a-t-elle ajouté, rappelant que « la guerre ne guérit pas de la guerre ».
Pour Rachida Dati (PPE, France), l'intervention militaire n'est pas une solution. « Nous devons continuer à maintenir la pression sur le régime de Damas, sans mépriser la Russie et la Chine. La seule issue est la solution politique, en mettant à la même table le pouvoir en place et l'opposition syrienne qui doit être unie pour ne pas dire unifiée et responsable », a-t-elle indiqué. Et de rappeler que « l'Histoire (…) démontre qu'une intervention militaire pour se débarrasser d'une dictature n'est pas nécessairement synonyme de liberté pour les peuples, bien au contraire ».
Une action militaire serait « illicite et illégale et donc criminelle », selon Willy Meyer (GUE, Espagne) qui a souligné que « l'utilisation de la force en dehors de la Charte des Nations unies ne conduit qu'à plus de violence et d'instabilité » et aurait un « effet dévastateur » sur le Moyen-Orient. M. Meyer a dénoncé « la passivité et la complicité de l'Union européenne à la prétendue action illégale et criminelle ».
Appel en faveur d'une zone d'exclusion aérienne
De son côté, le président du groupe ADLE au Parlement européen, le Belge Guy Verhofstadt, a appelé la Haute représentante Catherine Ashton à convoquer une nouvelle réunion d'urgence du Conseil des Affaires étrangères. Selon des sources européennes, une telle réunion n'est pour l'instant pas prévue. « Ensemble, nous devons discuter de la façon d'armer l'Armée syrienne libre, de comment mettre en œuvre une zone d'exclusion aérienne et la manière de faire face au nombre croissant de djihadistes. Une telle stratégie commune et efficace ne sera possible que si l'UE parle d'une seule voix », a expliqué M. Verhofstadt dans un communiqué.
Une zone d'exclusion aérienne est également évoquée par Charles Tannock (CRE, Royaume-Uni). Pour lui, « la meilleure façon de neutraliser les voies servant à transmettre des armes de destruction massive serait une zone d'exclusion aérienne. Cela nettoierait le ciel des avions de guerre et des missiles et au moins réduirait l'ampleur du massacre. Nous souhaitons également montrer à Assad - et à la plupart de ses partisans - qu'il est loin d'avoir le contrôle absolu. » (CG)