Bruxelles, 27/08/2013 (Agence Europe) - L'UE a condamné, « dans les termes les plus larges », toute attaque contre les enquêteurs des Nations unies, alors que ceux-ci ont essuyé des tirs de tireurs embusqués sur la zone de l'attaque du 21 août. « Toute action qui pourrait les mettre en danger, ou qui les empêcherait de mener une enquête approfondie et crédible serait totalement inacceptable », a souligné Sébastien Brabant, le porte-parole de la Haute représentante de l'UE, Catherine Ashton. Rappelant que le gouvernement syrien est le principal responsable de la sécurité des enquêteurs, il a ajouté que « toutes les parties doivent veiller à ce qu'ils puissent effectuer leur travail en toute sécurité, efficacement et dans les meilleures conditions possibles ». M. Brabant a précisé que l'UE a constaté que les autorités n'ont laissé que 90 minutes aux inspecteurs pour travailler sur le site de l'attaque et a souligné qu'ils doivent être autorisés à mener une enquête approfondie.
La veille, à Tallin, la Haute représentante a souligné que les enquêteurs doivent pouvoir examiner les preuves « aussi vite que possible » et « tirer des conclusions claires ». Mme Ashton a aussi rappelé la nécessité d'une solution politique. « Beaucoup de pays considèrent très attentivement les implications de cette attaque (chimique) (…) Cependant, comme je l'ai dit avant, la chose la plus importante à la fin, c'est que nous devons trouver une solution politique, et rapidement », a-t-elle souligné.
Rappelant qu'il est du rôle du Conseil de sécurité des Nations unies de regarder et de voir comment la communauté internationale peut et doit répondre, Mme Ashton a expliqué que « cela ne nous dispense pas de considérer très attentivement ce que nous devons faire ». Elle a une nouvelle fois précisé que « nous devons trouver un processus politique qui apportera la paix et la sécurité en Syrie, et nous avons souvent parlé de Genève 2 ». « Plus que jamais, nous devons trouver un moyen d'arrêter cette violence », a ajouté Mme Ashton, indiquant en avoir discuté avec le secrétaire d'État américain, John Kerry, et le ministre des Affaires étrangères russe, Serguei Lavrov. Une rencontre qui devait avoir lieu le 28 août entre des représentants russes et américains a été annulée, le 27 août. « Nous avons été informés que la réunion a été reportée, et nous espérons qu'il sera possible de la tenir en temps voulu », a expliqué le porte-parole de Mme Ashton.
De son côté, le Royaume-Uni prépare des plans pour une possible action militaire en réponse à l'usage d'armes chimiques en Syrie, selon un porte-parole du Premier ministre, David Cameron, qui a précisé qu'aucune décision n'a encore été prise sur la forme que pourrait prendre cette réponse. M. Cameron a décidé de convoquer le 29 août le parlement, actuellement en vacances, pour un vote sur le sujet. La ministre des Affaires étrangères italienne, Emma Bonino, a prévenu que son pays « ne prendra part à aucune solution militaire sans mandat du Conseil de sécurité de l'ONU ». « Il n'y a pas de solution militaire au conflit syrien. La seule solution est une solution politique négociée », a-t-elle martelé. « Même l'option d'une intervention limitée risque de devenir illimitée », a-t-elle estimé alors que les États-Unis parleraient d'une « réponse chirurgicale ».
Le Conseil de sécurité doit se réunir ce mercredi 28 août, l'OTAN le jeudi 29 et une réunion des Amis de la Syrie devrait avoir lieu le 4 septembre. (CG)