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Bulletin Quotidien Europe N° 10908
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) climat

Critères de durabilité pour la biomasse, mise en garde de Birdlife

Bruxelles, 27/08/2013 (Agence Europe) - BirdLife Europe accuse la Commission européenne de faire totalement l'impasse sur la nécessité de garantir que l'utilisation de la biomasse comme source d'énergie permette de réduire les émissions de gaz à effet de serre, et ce, au vu d'un document interne de la Commission (DG Énergie) sur les critères de durabilité de la biomasse, que l'ONG s'est procuré.

Birdlife Europe juge cette impasse préoccupante car la politique actuelle de l'UE en matière de bioénergie, fondée sur la directive de 2008 « Énergies renouvelables », considère la biomasse comme étant neutre du point de vue des émissions de carbone et n'inclut ni exigence de durabilité ni mécanisme visant à garantir que la demande en biomasse n'excède pas l'offre obtenue de manière durable - ce qui entraîne déjà d'importants dommages pour l'environnement. La multiplication des importations de granulés de bois d'Amérique du Nord, qui provoque des dégâts de large ampleur pour la biodiversité via l'accroissement de l'abattage du bois, en est l'illustration éloquente. En Europe, l'utilisation de maïs pour la production de biogaz conduit de manière tout aussi problématique à la destruction massive de terres humides permanentes, y compris des zones protégées du réseau paneuropéen Natura 2000, souligne Birdlife.

« Actuellement nous subventionnons des types de bioénergie qui ont pour effet d'accroître les émissions plutôt que de les réduire, et le projet de texte qui a fuité de la DG Énergie n'y changera rien. Les subventions de l'UE pour la biomasse menacent déjà les espèces dans le monde entier comme c'est le cas pour le Cerulean warbler et le Prothonotary Warbler dont les habitats du sud-est étasunien sont décimés pour que la forêt puisse être transformée en granulés de bois expédiés vers les centrales européennes », commente Ariel Bruner, expert en politique de l'UE chez Birdlife Europe.

En l'état, ce que la Commission envisage n'est qu'une simple extension des critères déjà applicables aux biocarburants sans s'attaquer aux problèmes spécifiques de la biomasse, et la Commission ignore le facteur ILUC, ce qui est plutôt surprenant puisque une proposition est sur la table pour la prise en compte du facteur ILUC dans la production des biocarburants, fait observer l'ONG.

BirdLife Europe trouve particulièrement gênant que le texte considère l'abattage des forêts primaires comme étant durable dès lors que ces forêts sont affectées par le feu, le vent ou des foyers de parasites, qui sont pourtant des phénomènes naturels dans quasiment toutes les forêts primaires. L'ONG déplore que le texte n'exige même pas des opérateurs de centrales au biogaz qu'ils vérifient régulièrement l'absence de fuite de méthane, alors que les fuites de méthane - un gaz à effet de serre extrêmement puissant - sont courantes et annulent le bénéfice qu'il y a à remplacer les combustibles fossiles par du biogaz. (AN)