Bruxelles, 30/08/2012 (Agence Europe) - Tandis que le projet de gazoduc italo-russe, South Stream, se renforce face à son concurrent paneuropéen, Nabucco, la bataille se poursuit entre les projets rivaux Nabucco-Ouest et TransAdriatique. Seul un accord hypothétique d'approvisionnement avec le Turkménistan rendrait possible la construction de ces deux pipelines, qui ne verraient le jour que grâce au gaz d'Azerbaïdjan.
Le gouvernement bulgare et le gazier russe Gazprom se sont entendus le 27 août sur les paramètres techniques du tronçon bulgare du gazoduc South Stream, dont la construction doit débuter début 2013. La firme bulgare Bulgarian Energy Holding et Gazprom avaient établi en novembre 2010 un plan de joint-venture à hauteur de 50% des parts chacun pour construire et opérer le tronçon bulgare du gazoduc. Piloté sur une base paritaire par les énergéticiens russe Gazprom et italien ENI, le gazoduc South Stream, d'une capacité totale de 63 milliards de m3 par an, devrait voir le jour en 2018. Partant de Russie, South Stream traversera la mer Noire pour atteindre la Bulgarie, d'où il se divisera en deux branches, l'une prenant le chemin de la Grèce et de l'Italie, l'autre traversant la Roumanie, la Serbie, la Hongrie, la Slovénie et l'Autriche.
La Bulgarie est aussi impliquée dans le projet rival du gazoduc South Stream, le gazoduc Nabucco, qui sera alimenté en grande partie par le gaz d'Azerbaïdjan. Piloté par l'énergéticien britannique BP (25,5%), le norvégien Statoil (25,5%), l'azéri Socar (10%), le français Total (10%), la compagnie conjointe italo-russe LukAgip (ENI et Lukoil, 10%), l'iranien NIOC (10%) et le turc TPAO (9%), le consortium Shah Deniz, qui exploite le champ gazier azéri du même nom, a finalement porté en juillet dernier son choix sur le projet de gazoduc Nabucco-Ouest pour acheminer le gaz azéri à travers l'Europe, au détriment du projet South East Europe pipeline (SEEP), piloté par BP. D'une longueur de 1 300 kilomètres, Nabucco Ouest traversera, à partir de la frontière bulgaro-turque, la Bulgarie, la Roumanie et la Hongrie, jusqu'en Autriche. Piloté par l'allemand RWE, l'autrichien OMV, le hongrois MOL, le roumain Transgaz, le bulgare Bulgargas et le turc Botas, le projet Nabucco prévoyait initialement la construction d'un pipeline de 3 900 kilomètres à travers la Turquie. Nabucco-Ouest devra être raccordé au projet de gazoduc Transanatolien (TANAP) qui traversera la Turquie jusqu'à la Géorgie et l'Azerbaïdjan.
Rival des gazoducs South Stream et Nabucco dans le projet paneuropéen de corridor gazier sud, le projet de gazoduc TAP (TransAdriatique pipeline) entre la Grèce et l'Italie s'est de son côté renforcé cet été en recevant le 9 août des engagements financiers des pétroliers britannique BP et français Total et de la firme azérie Socar. Selon l'accord signé avec les actionnaires existants du TAP, le suisse EGL et le norvégien Statoil avec 42,5% chacun et l'allemand E.ON avec 15%, les trois nouveaux partenaires disposent d'une option leur permettant de prendre, d'ici la décision finale du tracé l'an prochain, jusqu'à 50% du capital du projet. (EH)