Bruxelles, 30/08/2012 (Agence Europe) - « La France doit s'assurer que sa politique de démantèlement de camps de Roms et d'expulsion de migrants n'est pas en contravention avec les règlements internationaux », a estimé mercredi le Conseil de l'ONU pour les droits de l'Homme, rapporte l'agence Reuters. « Les expulsions se poursuivent et menacent de placer des familles dans des situations de grande vulnérabilité », ont déclaré des rapporteurs du Conseil, insistant sur la nécessité de fournir de meilleures conditions de logement pour les Roms.
Plusieurs camps de Roms ont été démantelés en France au cours des dernières semaines et encore ce jeudi 30 août Le gouvernement français a justifié ces démantèlements par les conditions d'insalubrité dans lesquelles vivaient les migrants mais l'explication ne convainc pas l'ONU. Pour François Crépeau, Rapporteur spécial de l'ONU sur les droits des migrants cité par Reuters, « le but ultime semble être l'expulsion des communautés de migrants Roms de France ». « Les expulsions collectives sont interdites par le droit international et tout rapatriement doit être volontaire -conformément aux critères internationaux- et se fonder sur des évaluations individuelles et un contrôle indépendant », ajoute-t-il.
Les Roms sont des citoyens européens et la minorité la plus marginalisée d'Europe. Il est regrettable de constater qu'ils ne bénéficient pas toujours du même droit de liberté de circulation et d'installation et continuent à souffrir d'un traitement discriminatoire, a de son côté estimé Rita Izsak, une spécialiste indépendante de la question des minorités à l'ONU.
La Commission européenne a, elle aussi, à nouveau mis en garde la France sur son traitement de la question rom et recevra ce vendredi 31 août une délégation du gouvernement français à ce sujet. La commissaire Reding se rendra ensuite à Paris le 4 septembre.
De son côté, le Réseau européen contre le racisme (ENAR) a également adressé une lettre à la commissaire luxembourgeoise ainsi qu'au Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, appelant les institutions européennes, notamment lors d'un prochain Sommet européen qui pourrait inscrire le thème à son agenda, à concrétiser l'inclusion des Roms et à réagir à toute attaque contre cette communauté. Le gouvernement français a été invité par ENAR à stopper sa politique d'expulsion des Roms en respectant les standards internationaux en la matière et à favoriser l'insertion des Roms non seulement à travers le travail mais aussi dans l'éducation ou les services de santé. (SP)