Bruxelles, 02/08/2012 (Agence Europe) - La fusée européenne Ariane 5 devrait lancer deux satellites de télécommunications durant la nuit du jeudi 2 au vendredi 3 août, de la base de Kourou en Guyane française. Ce serait le quatrième lancement de Kourou pour une Ariane 5 cette année, mais ce devrait être aussi le 50ème réussi sans accroc depuis 2003, après l'échec de décembre 2002. Cependant, l'avenir d'Ariane 5 doit être repensé afin que le lanceur européen conserve sa première place dans un marché mondial très restreint (20 lancements de satellites commerciaux par an), et réponde aux besoins du marché.
Rester en tête. Si, avec cette fusée européenne, Arianespace domine le marché des lancements satellitaires, suivie par la Russie, la société européenne, comptant 21 actionnaires de 10 États européens, devra aussi amorcer une évolution de sa fusée pour conserver son leadership. Deux modèles sont en concurrence, modifiant ou remplaçant Ariane 5 telle qu'elle se présente actuellement. La décision sur l'avenir du lanceur européen devrait tomber fin novembre lors de la Conférence ministérielle de l'Agence spatiale européenne (ESA), les 20 et 21 novembre prochains.
Vers Ariane 6 ? Les projets en concurrence prévoient d'une part l'évolution vers Ariane 5 ME « Midlife Evolution » afin que la fusée puisse transporter 12 tonnes au lieu de 10 actuellement, et mettre en orbite deux satellites d'un seul coup. Ou, d'autre part, une transformation en Ariane 6, " New Generation Launcher ", qui pourrait aussi transporter deux satellites, mais selon la demande. Plus flexible, Ariane 6 lancerait des charges de 3 ou 6 tonnes. Ce modèle serait plus coûteux, et serait opérationnel plus tard, en 2021, contre 2017 pour Ariane 5 ME.
Décision ministérielle. Les ministres des 19 États membres de l'ESA (17 membres de l'UE, la Norvège et la Suisse) se rencontreront en novembre afin de trancher la question. Mais, à ce stade, aucune option ne semble encore remporter la faveur des membres de l'ESA. Comme l'explique une source au sein de l'agence intergouvernementale, « les dés ne seront pas jetés avant la conférence, les pays sont en train de réfléchir pour décider où placer leurs deniers ». L'ESA a toutefois proposé début juillet une solution de compromis, qui donnerait la préséance à Ariane 6, mais avec une période de réflexion avec l'industrie de 18 mois. La France, dont l'avis pèse largement dans la balance, soutient ce scénario, qui est « un pas vers la convergence » comme l'exprimait la ministre en charge de l'espace, Geneviève Fioraso, au quotidien français Le Monde, jeudi 2 août. (MD)