Bruxelles, 02/08/2012 (Agence Europe) - Les chefs des deux partis grecs formant la coalition gouvernementale - le Premier ministre grec Antonis Samaras de la Nouvelle Démocratie et Evángelos Venizélos du Pasok - ainsi que le chef de la Gauche démocratique Fotis Kouvelis - parti qui soutient le gouvernement mais sans en faire partie - ont marqué un accord sur le paquet de 11 milliards d'euros d'économies sur la période 2013 et 2014 inscrit dans le 2ème sauvetage grec, mercredi 1er août au soir. « La proposition du Premier ministre a été acceptée par les leaders des partis », a confirmé le ministre grec des Finances Yiannis Stournaras, qui participait à cette réunion, rapporte le Financial Times.
Sur cette base, les discussions vont reprendre avec la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI) en place tout l'été à Athènes et qui est appelée à rendre, début septembre, un avis sur la situation budgétaire et macroéconomique du pays. Cette étape est obligatoire avant le versement de toute nouvelle tranche d'aide.
Peu de détails ont filtré sur le contenu et l'étendue des mesures qui devront être finalisées d'ici fin août. Selon M. Kouvelis, les discussions ont porté sur le contenu plus que sur les chiffres. L'argument de M. Venizélos selon lequel toute coupe salariale additionnelle ne pouvait intervenir qu'à partir du retour de la croissance en Grèce a été rejeté. En récession depuis 5 ans, la Grèce devrait connaître une chute du PIB encore supérieure à 6% cette année. Face à l'opposition de M. Samaras à une renégociation immédiate des conditions assorties au 2ème sauvetage grec avant l'adoption des 11 milliards d'euros d'économies, le dirigeant socialiste s'est finalement rangé du côté du Premier ministre afin d'éviter de nouvelles élections.
Athènes doit rembourser, le 20 août à la BCE, plus de 3 milliards d'euros de dette arrivant à échéance. Faute d'accord sur le versement d'ici là d'une tranche d'aide par ses créanciers institutionnels, elle pourrait se retrouver en cessation de paiement. Selon la presse, les Grecs réfléchissent à la possibilité d'émettre des titres de dette à court terme, opération coûteuse et risquée mais déjà utilisée lors du 1er sauvetage. « Nous ne sommes pas au courant d'une quelconque annonce de la part des autorités grecques », a déclaré jeudi 2 août un porte-parole, confiant que « tous les financements visant la Grèce au mois d'août seront honorés ».
La Commission a par ailleurs qualifié de « signal clair » l'engagement, jeudi 2 août, du ministre grec du Développement M. Hatzidakis de poursuivre « dix priorités » en matière de réformes structurelles. « Respecter ces priorités contribuera de manière importante aux réformes plus larges auxquelles la Grèce s'est engagée dans le cadre de son mémorandum et qui sont nécessaires pour stimuler la croissance et l'emploi », déclare-t-elle dans un communiqué. Appelant à une mise en œuvre « déterminée » des mesures dans le respect des règles du marché intérieur, elle promet l'assistance de sa 'task force' présente à Athènes. (MB)