Bruxelles, 02/08/2012 (Agence Europe) - Soutenu par le Brésil, et en l'absence du Paraguay, le Venezuela, 'champion' du non respect des droits des investisseurs, intègre officiellement le Mercosur.
Après six ans d'attente, le Venezuela a célébré lors du sommet du Mercosur, le 31 juillet à Brasilia, son entrée officielle au sein du marché commun sud-américain, aux côtés de l'Argentine, du Brésil et de l'Uruguay, le Paraguay étant suspendu depuis la destitution, fin juin, de son président Fernando Lugo.
Le président vénézuélien Hugo Chavez s'est déclaré « très intéressé » par la perspective de « sortir du modèle pétrolier » qu'offre à son pays, première réserve mondiale d'or noir, cette adhésion au sein du bloc latino-américain créé en 1991. Une adhésion que le Sénat paraguayen bloquait depuis 2006. M. Chavez a reçu des témoignages de bienvenue de ses pairs, la Brésilienne Dilma Roussef, l'Argentine Cristina Kirchner et l'Uruguayen José Mujica. Mme Roussef s'est félicitée que le Mercosur devienne, avec l'arrivée du Venezuela, la cinquième économie du monde après les États-Unis, la Chine l'Allemagne et le Japon. L'union douanière sud-américaine s'érige en « puissance énergétique et alimentaire mondiale », a-t-elle insisté. De son côté, M. Chavez a salué une nouvelle opportunité de développer l'agriculture, l'industrie et le tourisme dans son pays.
Avec le Venezuela, le PIB du Mercosur va représenter 83,2% de la richesse produite sur le continent sud-américain et, forte de 270 millions de personnes, 70% de la population continentale.
Le Venezuela, dont l'économie est largement étatisée, sera officiellement membre du Mercosur à compter du 12 août, mais il devra se mettre en conformité avec les règles commerciales du bloc d'ici 2016.
L'adhésion du pays champion de l'expropriation d'investisseurs étrangers - Caracas a confirmé la semaine dernière sa sortie du Ciadi, l'organe d'arbitrage de la Banque mondiale qui l'a condamné 174 fois sur 176 dans des plaintes pour des cas d'expropriation de filiales locales d'investisseurs internationaux, va sans nul doute compliquer un peu plus les laborieuses négociations de libre-échange entre l'UE et le Mercosur, lancées en 1997, puis relancées en 2009, et dans l'impasse depuis. Malgré son différend commercial avec l'Argentine, incluant l'affaire de l'expropriation du pétrolier espagnol Repsol et la plainte de l'UE à l'OMC contre ses restrictions l'exportation, l'UE excluait fin mai une halte dans ses négociations avec le Mercosur.
Paraguay, pas de réintégration avant des élections. L'Argentine, le Brésil et l'Uruguay ont fait savoir mardi au Paraguay, suspendu depuis la destitution controversée du président Lugo, qu'il ne pourrait réintégrer le bloc qu'après la tenue des élections présidentielles à la date prévue, en avril 2013. (EH)