Bruxelles, 02/08/2012 (Agence Europe) - Un think tank britannique épingle la politique commerciale de l'UE pour son incohérence dans son approche à l'égard des pays en développement.
Dans un rapport préparé par 20 experts internationaux et publié le 26 juillet, le groupe de réflexion Overseas Developement Institute (ODI) dénonce une orientation de plus en plus protectionniste de l'Europe, dangereuse à ses yeux pour l'économie mondiale et les pays en développement les plus vulnérables.
La réforme engagée du système de préférences généralisées de l'UE (SPG), la première depuis 30 ans (un nouveau système doit voir le jour le 1er janvier 2014), verra les pays en développement les plus riches, tels que l'Inde et Vietnam, perdre jusqu'à 257 millions d'euros de préférences commerciales, expliquent les experts sollicités par l'ODI, assurant que cette réforme censée être à l'avantage des pays en développement les plus pauvres bénéficiera aux pays les plus riches, la Suisse et les États-Unis, au détriment des consommateurs européens. Dans le même temps, 18 pays ACP tels que le Kenya, le Ghana, le Botswana, la Namibie et le Swaziland pourraient perdre 50 millions d'euros de préférences commerciales chaque année s'ils ne concluent par des accords de partenariat économique avec l'UE.
Outre le fait que la réforme du SPG va imposer davantage de barrières commerciales qu'elle n'en réduira sur toute une gamme de produits et de pays qui n'auront pas conclu un accord de libre-échange avec l'UE, l'ODI reproche à la stratégie commerciale de l'UE son « manque de vision » et son « incohérence » à l'égard des pays en développement, dans sa tentative de différenciation entre eux. « Il y a un clair danger que la différenciation soit appliquée sans tenir compte des principes économiques », avertit le think tank, soulignant qu'il toujours mieux d'établir des droits de douane le plus bas possible que les différencier selon les produits.
L'ODI n'épargne pas non plus la politique agricole commune (PAC) qu'il juge être une distribution de « subventions inefficaces et dangereuses pour l'environnement à un groupe d'agriculteurs sélectionné ».
Enfin, l'ODI reproche à l'UE d'avoir une position trop défensive dans la lutte contre le changement climatique ou en faveur de la sécurité alimentaire, et de menacer d'imposer des barrières commerciales à des fins écologiques. « En fait, le contraire doit se produire. Le libre-échange peut aider les pays à tirer profit des économies d'échelle dans les industries vertes et peuvent fournir un accès à l'eau, à la terre, à l'énergie » et donc à la nourriture, conclut le think tank. (EH)