Bruxelles, 10/07/2012 (Agence Europe) - Le commissaire européen chargé de la Politique de voisinage, Stefan Füle, en visite de travail à Tunis, a signé lundi 9 juillet avec le gouvernement de ce pays deux conventions de financement, l'une d'un programme d'appui à la société civile (PASC), l'autre d'un programme d'appui à la compétitivité des services (PACS) au profit des entreprises. Le commissaire européen, qui a rencontré le Premier ministre et des membres du gouvernement, a, selon l'agence officielle TAP, affirmé le soutien de l'UE au processus de transition politique en Tunisie. Un nouveau plan d'action et de partenariat a été proposé à la Tunisie qui s'était engagée en octobre dernier, peu avant les premières élections libres, dans le cardre une réunion spéciale avec l'UE (« task force » Tunisie), à mettre au point des modalités d'appui européen et les conditions liées. Une deuxième rencontre pour concrétiser les engagements doit encore avoir lieu mais, à ce jour, aucune date n'a été avancée. L'UE, en particulier son ambassadeur à Tunis, avait clairement dit que l'engagement financier de l'UE serait tributaire de la levée des obstacles subsistant à l'encontre des libertés. Le gouvernement semble visiblement faire l'effort d'améliorer son image auprès des partenaires extérieurs mais l'opposition démocratique le soupçonne de pratiquer un double jeu et le double langage et de ne pas agir fermement pour assurer la sécurité. Exemple: les instances en charge de la réforme et de la démocratisation des médias se sont auto-dissoutes pour souligner l'ampleur des difficultés qui leur sont opposées dans leurs tâches et mettent en cause la mauvaise volonté des autorités du pays.
Les deux conventions de financement signées lundi semblent correspondre à l'esprit de réserve observé dans l'attitude européenne. La première convention, baptisée PASC, dotée de 7 millions d'euros, cible plutôt la société civile sans proposer un appui direct aux autorités. Cette convention « vise à renforcer la contribution de la société civile tunisienne au dialogue politique et économique, à la consolidation de l'État de droit, à la démocratisation et au développement socio-économique. Ce programme sera piloté par un comité présidé par une personnalité indépendante composé de représentants de la société civile », précise l'UE.
La deuxième convention s'adresse directement aux opérateurs économiques qui éprouvent de grandes difficultés dans le contexte actuel, dans lequel aux effets de la crise économique mondiale s'ajoutent les conséquences du bouleversement économique et social que vit le pays depuis la « révolution » du 14 janvier 2011 et le climat d'instabilité et d'insécurité favorisé par l'attentisme du gouvernement face aux menées des « salafistes ». Cette convention, appelée PACS, dotée de 20 millions d'euros non remboursables, a pour objectif « de consolider la compétitivité des entreprises tunisiennes de services (environ 400 entreprises visées) particulièrement celles implantées dans les régions, de renforcer les capacités des organisations représentatives du secteur ainsi que d'améliorer l'environnement entrepreunarial du secteur et l'augmentation de sa capacité de création d'emplois ».
« J'ai proposé de relancer et de créer une nouvelle série de conventions dans les domaines de l'agriculture, l'investissement, les services et le tourisme en vue de permettre davantage à des labels tunisiens d'accéder aux marchés européens, d'inciter de nouvelles entreprises européennes à investir en Tunisie et d'augmenter le flux de touristes et la mobilité de personnes dans les deux sens », a précisé le commissaire Füle dans des déclarations rapportées par la presse locale. Il a rappelé que l'UE a réservé une enveloppe de 400 millions d'euros, en plus des aides supplémentaires, pour soutenir les projets et programmes de développement socio-économique en Tunisie durant la période 2011-2013. (FB)