Strasbourg, 13/06/2012 (Agence Europe) - Catherine Ashton, la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, a annoncé, mardi 12 juin, que le groupe de contact proposé par Kofi Annan se réunirait le 30 juin à Genève. Si elle ne sait pas encore qui en fera partie, elle sera bien présente, tout comme la Russie.
« Nous n'avons pas encore décidé exactement qui devrait y participer. Je sais que j'y serai, la Russie aussi. Cela aura lieu à Genève le 30 juin et d'ici là, Kofi Annan essaie que la guerre civile ne s'aggrave pas encore davantage que tout le monde soit d'accord sur un objectif commun et que personne dans la région ne fasse obstacle à cet objectif », a précisé Mme Ashton lors d'un débat au Parlement européen. Elle a aussi rappelé son soutien au plan d'Annan. « Peut-être que son plan est mort mais M. Annan a un mandat de l'ONU qui est toujours valable. J'appuierai son travail tant que lui, ou l'ONU, ne dira pas d'y mettre un terme et de passer à autre chose », a précisé Mme Ashton.
Lors du débat, les députés n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur la façon de régler le conflit. Pour l'Espagnol Ignacio Salafranca, au nom du PPE, « le plan Annan est un échec, il faut envisager d'autres alternatives. Ce n'est pas avec des sanctions économiques que l'on va remédier à la situation ». Et d'ajouter que « vu l'échec mesures diplomatiques, je me demande quelles alternatives restent (…) ». Selon lui, il sera
« difficile » de sortir de la crise à court terme « sans troupes militaires sur place ». Pour Franziska Brantner (Verts/ALE, allemande), il est nécessaire d'avoir une mission plus importante sur le terrain, dotée de milliers de personnes: « Il faudra être prêt pour que, le moment venu, nous soyons prêts a déployer une mission sur le terrain, une opération de maintien de la paix ». « Nous avons le devoir d'envisager toutes les mesures possibles », a souligné Kriistina Ojuland (ADLE, estonienne), tout comme Charles Tannock (CRE, britannique) qui a proposé la poursuite de Bachar el Assad devant la Cour Pénale internationale ou encore une intervention pour imposer un corridor humanitaire. « Il faut demander un plan d'urgence pour la création d'un corridor humanitaire avec le soutien d'une mission de l'UE », a poursuivi Richard Howitt (S&D, britannique).
Selon leur collègue Véronique De Keyser (S&D, belge), qui privilégie l'humanitaire et la diplomatie, la présence militaire n'est pas la solution. « L'impact d'une intervention militaire serait bien plus désastreuse (que la situation actuelle)», a estimé la députée, soulignant la situation géographique du pays et craignant « une guerre de proximité » liée à une « guerre confessionnelle ». «Insistons et misons sur la diplomatie », a ajouté Willy Meyer (GUE, espagnol).
Mais pour Boris Zala (S&D, slovène), tout comme Hélène Flautre (Verts/ALE, française) ou Paul Murphy (GUE, irlandais), il n'y a pas de bonne solution pour régler le conflit. « Il n'y a pas de solution idéale, quelle que soit l'action. Rien ne peut permettre l'arrêt de massacres et une transition en douceur », s'est inquiété le député S&D. (CG)